Un témoin repenti poursuit le SPVM et les gouvernements pour 2,6 millions

Sylvain Beaudry a témoigné lors du procès des... (Photo archives La Presse)

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Sylvain Beaudry a témoigné lors du procès des Rock Machine arrêtés dans le projet Bandidos au début des années 2000.

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Daniel Renaud
La Presse

Sylvain Beaudry, ancien membre des Rock Machine, qui avait retourné sa veste et témoigné contre eux, et contre un de leurs membres en particulier dans un procès pour meurtre, poursuit le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les procureurs généraux du Québec et du Canada pour 2,6 millions, les accusant de « laxisme, négligence, mauvaise foi, incompétence et désinvolture » à son endroit.

En octobre 2001, Beaudry a plaidé coupable pour une affaire de voies de fait, enlèvement et séquestration survenue durant la guerre des motards. Il a par la suite été recruté par les anciens policiers du SPVM Benoit Roberge et Jean-Pierre Pelletier et a signé un contrat de délateur.

Beaudry a témoigné lors du procès des Rock Machine arrêtés dans le projet Bandidos - qui a marqué pratiquement la disparition des Rock Machine tels qu'on les connaissait - au début des années 2000 et a contribué à faire condamner Tony Duguay pour le meurtre du Hells Angel Normand Biff Hamel commis à Laval en 2000.

Méthodes dénoncées

Mais après que Benoit Roberge eut été arrêté pour avoir vendu de l'information aux Hells Angels en octobre 2013, Beaudry a dénoncé certaines méthodes abusives qui auraient été utilisées pour l'inciter à devenir délateur, selon lui.

Il a également affirmé que toute la preuve contre Duguay lui avait été intentionnellement communiquée par un procureur de la Couronne et que cela a contaminé son témoignage.

Beaudry vit sous une nouvelle identité depuis sa libération. Il a aussi dit craindre que sa nouvelle identité et son nouveau lieu de vie ne soient révélés au milieu criminel à la suite des affaires Roberge et Ian Davidson, cet ancien policier qui avait volé la liste des sources de la police de Montréal en 2011.

Détention maintenue

Sylvain Beaudry a rencontré La Presse en février 2014 et exprimé ses craintes auprès des autorités. À sa demande, il a ensuite été réincarcéré pour sa protection. Mais Beaudry a déploré que les autorités carcérales aient maintenu sa détention jusqu'à la fin de sa peine, et qu'il ait terminé celle-ci en isolement.

Dans une requête de 12 pages déposée en Cour supérieure, chambre civile, Beaudry affirme de plus que les autorités n'ont pas assuré sa protection, que son contrat de témoin repenti n'a pas été respecté et qu'on y a mis fin de façon unilatérale.

Rappelons que Tony Duguay a été acquitté du meurtre de Normand Hamel par la Cour d'appel en décembre 2016, après que Beaudry eut témoigné en sa faveur. Lui aussi poursuit le SPVM pour la somme de 6,5 millions.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

«DÉTAIL DES SOMMES RÉCLAMÉES PAR SYLVAIN BEAUDRY

1,5 million pour avoir dû renoncer à sa libération conditionnelle durant 377 jours en raison de l'incapacité et du refus du SPVM et du Procureur général du Québec d'assurer sa sécurité

500 000 $ pour ses craintes pour sa vie depuis l'affaire Roberge

500 000 $ en dommages punitifs

100 000 $ au Procureur général du Canada pour ne pas avoir été détenu dans une aile adaptée et sécuritaire pour les témoins repentis.»





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