Jambes sectionnées par un train: Québec poursuit le CN pour les soins

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La vie de Pritie Patel a basculé en juin 2013. Ses deux jambes ont été sectionnées par un train dans le Vieux-Montréal. La facture pour ses soins ? Près de 320 000 $. C'est cette somme que réclame en justice la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et le ministère de la Santé à deux sociétés fédérales et au Canadien National (CN) pour leur « négligence ».

La soirée était festive. Quatre amies, dont Pritie Patel, quittent un resto-bar du Vieux-Montréal en direction de leur voiture sur la rue de la Commune. Or, des wagons du CN bloquent l'accès à la rue. Il n'y a aucun feu de signalisation et aucun son. Une des amies demande à un agent de sécurité à l'intérieur d'un véhicule si elles peuvent traverser entre les wagons immobilisés. « Faites ce que vous voulez », répond-il. « C'est à votre discrétion. Vous marchez, vous pouvez attendre ou vous pouvez passer », ajoute-t-il.

La femme de 30 ans décide de traverser les rails. Mais à ce moment précis, le train se met en marche sans avertissement. Déséquilibrée, Pritie Patel tombe sous le train. Ses deux jambes sont alors écrasées et sectionnées. Transportée dans un état critique, elle a survécu de justesse à l'accident.

Les conséquences ont toutefois été terribles pour la jeune femme, hospitalisée pendant plus de trois mois et opérée une vingtaine de fois.

La RAMQ et le ministère de la Santé réclament ainsi au CN, à l'Administration portuaire de Montréal et à la Société du Vieux-Port de Montréal (SVPM) 316 358 $ pour l'ensemble des frais médicaux et des coûts d'hospitalisation engagés pour soigner Pritie Patel. « [Elles] ont failli à leur devoir de fournir des lieux sécuritaires et sont entièrement responsables de l'ensemble des dommages subis à [Mme Patel] », indique-t-on dans une poursuite déposée le 20 octobre dernier au palais de justice de Montréal.

PAS DE BARRIÈRE NI DE CLÔTURE

Les deux sociétés fédérales et le CN n'avaient installé aucune barrière ni clôture pour bloquer l'accès au train durant ses périodes d'arrêt, soulèvent les poursuivants, en se basant sur des déclarations sous serment de cadres des trois défendeurs. « Qui plus est, seuls deux employés de SVPM, dans des véhicules munis de gyrophares, ont été déployés alors qu'il y a sept points d'entrée et de sortie accessibles par les citoyens, ce qui est nettement insuffisant », indique la poursuite.

De plus, les agents présents ce soir-là ont « manqué à leur devoir » en ne sécurisant pas les lieux et en n'avisant pas Pritie Patel et ses trois amies que le train était sur le point de bouger.

« En aucun temps, [Mme Patel] n'aurait pu soupçonner que le train se remettrait en marche, d'autant plus que ce dernier n'a émis aucun avertissement sonore ni allumé de lumière clignotante afin d'aviser les citoyens de son départ imminent », soutient-on dans la poursuite.

C'est la seconde poursuite civile intentée dans cette affaire. En juin 2014, Pritie Patel et sa mère avaient exigé 510 000 $ aux mêmes trois entreprises et sociétés montrées du doigt, le CN, le Port de Montréal et la Société du Vieux-Port de Montréal. Trois ans plus tard, le dossier n'est pas encore à l'étape du procès. Selon le plumitif, la somme demandée s'élève maintenant à 460 000 $. La SVPM a refusé de commenter l'affaire, tout comme le CN en raison du processus judiciaire. Le Port de Montréal n'a pas réagi.




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