Commission sur les relations avec les autochtones: «Le racisme systémique doit être d'abord reconnu»

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec... (Archives La Presse, Robert Skinner)

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Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Archives La Presse, Robert Skinner

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Déçues que les allégations d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir contre des policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or n'aient donné lieu à aucune accusation, l'automne dernier, les femmes autochtones fondent maintenant de grands espoirs dans la commission qui a lancé ses travaux hier. Le but de l'exercice : éliminer la discrimination dans les services publics rendus aux autochtones.

La « Commission d'enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation, progrès », présidée par le juge retraité Jacques Viens, se penchera sur les pratiques potentiellement discriminatoires des services policiers, mais aussi des services correctionnels, du système de justice, des services de santé et de services sociaux ainsi que des services de protection de la jeunesse.

Le sujet est très sensible. La gorge nouée par l'émotion, la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, n'a pu réprimer un sanglot alors qu'elle était invitée à prendre la parole à l'ouverture des travaux.

« Nous croyons que la Commission pourra faire état de la discrimination présente au sein même des institutions qui doivent rendre des services à l'ensemble des citoyens du Québec, a souligné Mme Michel. Il est nécessaire de faire état des causes profondes des allégations de violence, d'abus et de discrimination visant les policiers et l'ensemble des institutions. Le racisme systémique doit être d'abord reconnu, ses conséquences perpétuant des inégalités et des injustices qui touchent l'ensemble de nos nations. »

COURAGE SALUÉ 

En entrevue, la leader a souligné que la tenue de cette commission était une victoire pour les femmes autochtones de Val-d'Or « qui ont eu le courage de dénoncer la brutalité policière ». Elle espère que plusieurs femmes accepteront de participer aux travaux pour témoigner de leurs expériences malheureuses.

Un reportage de l'émission Enquête, à Radio-Canada, diffusé à l'automne 2015, présentait les témoignages de femmes affirmant avoir été victimes de sévices sexuels, d'intimidation et d'abus de pouvoir de la part de policiers de la Sûreté du Québec du poste de Val-d'Or. Après enquête, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé, l'automne dernier, qu'il n'engageait aucune poursuite contre les policiers.

« TENSION ET MÉFIANCE »

Dans son allocution d'ouverture, hier, le commissaire Jacques Viens a dit espérer pouvoir entendre les femmes concernées « par les événements dits de Val-d'Or, dans le but de tenter d'apprendre et de comprendre ce qui s'est passé et pourquoi et comment un tel climat de tension et de méfiance a pu prendre naissance ».

Mais la Commission s'intéresse aussi à des problèmes semblables que des autochtones partout dans la province ont pu vivre dans leurs rapports avec les services publics. D'ailleurs, après leurs deux premières semaines d'audition à Val-d'Or, puis une pause estivale, les commissaires se déplaceront dans d'autres communautés au Québec, selon la pertinence des témoins à entendre.

«« Il est nécessaire de faire état des causes profondes des allégations de violence, d'abus et de discrimination visant les policiers et l'ensemble des institutions. »

- Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec»





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