Un dangereux chef de gang franchit un premier pas vers la liberté

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Grâce à un cellulaire illicite, Jonathan Klor a pu lancer des menaces à ses ennemis sur YouTube.

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Daniel Renaud
La Presse

Le chef d'un défunt gang de rue de l'ouest de l'île de Montréal qui avait été impliqué dans une guerre sanglante avec un groupe rival vers la fin des années 2000, vient d'effectuer un premier pas vers la liberté, après avoir passé les sept dernières années derrière les barreaux.

Jonathan Klor, 29 ans, a convaincu les commissaires aux libérations conditionnelles de l'envoyer en maison de transition. Prudents, ceux-ci lui consente une semi-liberté, mais en projets communautaires seulement, et lui permettent 96 heures de socialisation par mois, au mérite. Ils lui imposent également d'autres conditions.

À la fin des années 2000, Klor et son groupe, les Diplomats, étaient impliqués dans une lutte sans merci contre un groupe rival, les Streetgangsters, pour le contrôle du trafic de stupéfiants dans un territoire. En quelques semaines, les deux groupes se sont échangés attaques et contre-attaques d'une rare violence. La maison des parents de Klor, qui n'avaient rien à se reprocher, a été criblée de balles. De l'autre côté, des membres des Streetgangsters ont été atteints par projectiles, une fois au travers d'une porte et une autre lors d'un traquenard fomenté par une complice à la solde des Diplomats.

À l'époque, les enquêteurs de la région Ouest du SPVM ont mis les bouchées doubles pour faire cesser ces effusions de sang.

En février 2010, ils ont cueilli Klor et son groupe. Dans un appartement, les limiers ont trouvé plusieurs armes, dont une mitraillette, une machette et une veste pare-balles. Klor lui-même portait l'une de ces vestes lorsqu'il a été appréhendé.

Condamné à près de huit ans de pénitencier, Klor a fait la pluie et le beau temps en prison, et a fait les manchettes à quelques reprises après avoir publié sur les réseaux sociaux des photos prises avec l'aide de téléphones cellulaires entrés illégalement derrière les murs.

Klor aurait fait d'autres frasques en prison, selon les renseignements des autorités carcérales. Il aurait entraîné des codétenus à en agresser d'autres pour prendre le contrôle de la rangée, pris le contrôle du trafic de tabac et de stupéfiants dans son pavillon, fait circuler de fausses informations sur une introduction de munitions, donné plusieurs contrats à des codétenus, menacé la famille d'un codétenu à l'extérieur, fait parvenir des stupéfiants par la poste à un individu aux Territoires du Nord-Ouest et trafiqué un ordinateur pour y installer des programmes et faire fonctionner des CD, apprend-t-on dans la décision de 10 pages des commissaires rendue aujourd'hui.

Des améliorations

En revanche, le comportement de Klor au pénitencier se serait grandement amélioré depuis 2014. Il aurait suivi des programmes et des cours, et serait sur le point d'obtenir son diplôme d'études secondaires.

«En audience, vous avez mentionné être saturé de l'emprisonnement et avoir réalisé que vous aviez fait fausse route en empruntant la voie de la criminalité. Vous désirez, selon vos dires, vivre dorénavant en fonction des valeurs prosociales qui vous ont été inculquées au cours de votre enfance et évoluer en dehors du milieu criminel», écrivent les commissaires, résumant le témoignage de Klor tenu devant eux jeudi.

Mais les commissaires rappellent que la feuille de route de Klor ponctuée d'actes de violence s'est ouverte à l'adolescence. Depuis l'âge de 16 ans, il a constamment violé ses conditions, chaque fois rapidement.

Selon une échelle statistique, un délinquant sur deux ayant les caractéristiques de Klor ne récidivera pas dans les trois ans suivant sa libération. Mais l'agent de libération de Klor croit que les risques sont plus élevés dans son cas, que le risque de récidive violente est élevé ainsi que sa dangerosité sociale.

Autres conditions imposées à Jonathan Klor

  • Ne pas consommer de drogue 
  • Éviter toute personne ayant des antécédents criminels ou reliée à des activités criminelles 
  • Éviter les débits de boisson 
  • Ne pas communiquer avec les victimes et les membres de leur famille




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