Fuites médiatiques: la police de Gatineau a enquêté sur 36 policiers

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Pour trouver l'origine d'une fuite médiatique survenue en 2013, 36 policiers du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) ont été questionnés pour connaître leurs liens avec des journalistes.

C'est la présence d'un caméraman de TVA Nouvelles sur les lieux d'une opération policière à Gatineau qui a déclenché cette enquête disciplinaire. Il s'agissait de trouver comment le réseau a été mis au fait des détails d'une opération policière qui visait à arrêter un suspect d'une série de vols à main armée.

Les policiers qui étaient «sur l'opération» ou «auraient pu être au courant» ont été rencontrés et leurs relations avec le monde des médias ont été examinées de près.

On leur a notamment demandé s'ils faisaient une activité «sportive ou sociale» avec un journaliste, ou encore si leurs enfants faisaient une activité avec les enfants de «quelqu'un qui travaille dans les médias».

«J'ai tenté d'aller le plus large possible, tellement large que tu peux pas t'en sortir», a déclaré ce matin devant la commission Chamberland l'auteur du questionnaire, l'inspecteur aux affaires internes du SPVG, Sylvain Renaud.

Ainsi, un policier dont l'enfant irait à l'école avec l'enfant d'un concierge dans un média aurait été tenu de dévoiler ce lien, a-t-il admis. Les liens de voisinage devaient aussi être détaillés. Un policier dont le voisin est journaliste pourrait être ciblé davantage dans le cadre d'une enquête interne, a précisé Sylvain Renaud.

Les réponses fournies par les 36 policiers dans le cadre de cette enquête ont été conservées par le Service de police de Gatineau. «Ça fait partie de la mémoire corporative», a dit ce matin l'inspecteur.

Les registres téléphoniques des policiers ont aussi été examinés sur une période de trois mois pour savoir s'ils avaient communiqué avec un journaliste. Sylvain Renaud assure qu'en aucun cas, les relevés téléphoniques des quatre journalistes ciblés dans le cadre de cette enquête n'ont été obtenus.

Le polygraphe utilisé pour «mettre une pression»

On a également demandé à «cinq ou dix policiers» rencontrés dans cette enquête s'ils accepteraient de passer le test du polygraphe. 

«Personne ne l'a passé. C'était pour mettre une pression pour que le coulage cesse. On n'a jamais eu l'intention de le faire passer», a révélé l'inspecteur.

Le but de cette enquête de la division des affaires internes était double, a-t-il précisé : trouver qui avait coulé de l'information à un journaliste, mais aussi «instaurer une crainte suffisante» auprès des policiers et leur montrer que la direction du SPVG ne tolère pas les fuites.

Le témoignage de Sylvain Renaud se poursuit cet après-midi.




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