Mort d'un policier à Lac-Simon: des lacunes dans l'intervention, selon la CNESST

Thierry Leroux a perdu la vie le 13... (Photo Jacques Boissinot, archives PC)

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Thierry Leroux a perdu la vie le 13 février 2016 lors d'une intervention dans une résidence de la communauté autochtone de Lac-Simon, à une trentaine de kilomètres de Val-d'Or.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Le décès d'un policier en service à Lac-Simon l'an dernier est principalement attribuable à des lacunes dans l'intervention policière visant à maîtriser un individu suicidaire et armé, a conclu la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans un rapport dévoilé mardi.

Thierry Leroux a perdu la vie le 13 février 2016 lors d'une intervention dans une résidence de la communauté autochtone de Lac-Simon, à une trentaine de kilomètres de Val-d'Or.

Peu de détails sont fournis sur les lacunes alléguées par la CNESST, qui a remis un rapport grandement caviardé. Tout ce qui a trait à l'intervention policière ne peut être rendu public, car il s'agit d'informations sensibles qui peuvent mettre en danger les policiers dans leurs actions futures, a expliqué le porte-parole du CNESST, Yvon Grégoire.

Il se dégage toutefois du rapport qu'il y a eu des problèmes de communication lors de l'intervention, puisque la CNESST écrit avoir «demandé à l'employeur, le Service de police de Lac-Simon, d'améliorer le système de communication des policiers sur le terrain et d'élaborer des directives de travail sécuritaires pour ses policiers».

Les écarts entre ce qui a été fait et les standards opérationnels enseignés sont suffisants pour avoir contribué à cet accident, concluent les inspecteurs Serge Gaudreault et Syndie Hamel.

Ils notent par ailleurs que l'employeur s'est conformé aux demandes au sujet du système de communication et des directives de travail. Les policiers sont maintenant reliés à un centre d'appel d'une municipalité, a expliqué M. Grégoire.

Il note que le soir de l'événement, quand le collègue de M. Leroux a fait appel à la Sûreté du Québec (SQ) pour avoir des renforts, les policiers provinciaux ont mis 25 minutes avant d'arriver sur place, car leur poste est à Val-d'Or.

«C'est pourquoi il a été recommandé par les inspecteurs d'avoir quatre policiers en tout temps», a souligné M. Grégoire.

Il n'y en avait que deux le soir où Thierry Leroux a perdu la vie.

Les deux agents avaient reçu un appel pour coup de feu vers 22 h 20.

Arrivés sur place, ils constatent que plusieurs personnes sont présentes à l'intérieur de la résidence. Le policier Leroux entreprend une discussion avec une personne qui se trouve au sous-sol à partir du haut des escaliers, tandis que son collègue discute avec d'autres occupants afin de comprendre la situation et de savoir s'il y a des armes à feu.

Alors que les deux policiers poursuivent leurs interventions respectives, le collègue du policier Leroux entend celui-ci descendre rapidement les marches menant au sous-sol, ainsi que des cris et des coups de feu.

Dans les instants suivants, le collègue du policier Leroux conduit les occupants hors de la résidence et tente de le joindre par radio. En retournant dans la résidence, il aperçoit son collègue gisant dans l'escalier. Le corps de l'auteur présumé des coups de feu a aussi été retrouvé à cet endroit, s'étant enlevé la vie.

Le policer Leroux a été atteint de deux projectiles dans le dos, qui ont traversé son gilet pare-balles.

Il est noté dans le rapport qu'il a descendu les escaliers de la résidence pour se retrouver dans un endroit à découvert, et que son arme de service était dans son ceinturon à ce moment.

Entre les pages et paragraphes caviardés, on peut lire qu'il n'y a pas eu de demande d'assistance ni d'avis au superviseur au début ni pendant l'intervention policière, et qu'il n'y avait pas de directives de travail propres au service de police de Lac-Simon. Les inspecteurs de la CNESST notent aussi que la situation est rapidement passée «d'appel pour coup de feu à une situation de personne suicidaire à une personne suicidaire possiblement armée».

Afin d'éviter qu'un tel événement se reproduise, la CNESST souligne qu'elle informera l'École nationale de police du Québec et le ministère de la Sécurité publique du Québec des conclusions de son enquête.

Quelques jours après le décès du policier Leroux, la SQ avait pris en charge le territoire de Lac-Simon. La police de la municipalité a repris contrôle le 16 février dernier.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a profité de la sortie du rapport de la CNESST pour demander aux gouvernements provincial et fédéral de garantir un financement adéquat  - et permanent - aux services de police des communautés autochtones. Le SCFP s'était réjoui en mars dernier de l'engagement du gouvernement provincial à verser des montants supplémentaires, mais continue à exiger un financement récurrent.

«Il faut maintenir les interventions à quatre policiers en tout temps. Il y a aussi d'autres solutions que nous avons déjà mises en oeuvre. Par exemple nous portons une arme à impulsions électriques maintenant et cet outil de travail a déjà sauvé des vies lors d'interventions récentes», a souligné dans le communiqué du SCFP Pierre-Olivier Régis, président du Syndicat des policiers du Lac Simon.

«Mais tout est perdu sans le financement adéquat», a-t-il ajouté.




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