Vols violents: un meurtrier expulsé du pays en 2012 parmi les accusés

James Craigwell, 43 ans... (Photo fournie par le SPVM)

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James Craigwell, 43 ans

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Une cinquantaine de policiers du SPVM ont été mobilisés pendant le congé de Pâques pour arrêter un quatuor de braqueurs hyperactifs reliés à au moins 14 vols violents dans des bars, des dépanneurs et des résidences depuis février. Parmi le groupe, les enquêteurs ont eu la surprise de retrouver un assassin expulsé du Canada en 2012, qui a réussi à passer entre les mailles du filet pour revenir à Montréal. Explications.

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James Craigwell, 43 ans

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Clayton Roach, 38 ans

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UN MEURTRIER QUI NE DEVAIT PAS ÊTRE LÀ

Un des quatre hommes arrêtés est James Craigwell, 43 ans, un criminel aux nombreux antécédents qui avait été condamné pour meurtre en 1994. Il voulait s'emparer des bijoux d'un jeune homme de 22 ans. La victime avait résisté. Craigwell l'avait tué de deux balles. Il avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 12 ans. Comme il n'avait jamais obtenu sa citoyenneté canadienne après avoir immigré de la Barbade en 1981, la Commission de l'immigration a aussi ordonné qu'il soit expulsé vers son pays natal à sa libération. C'est ce qui est arrivé, en 2012, dès sa sortie de prison. Mais à une date encore indéterminée, l'assassin a réussi à revenir à Montréal, sous une fausse identité, en utilisant le passeport de son frère, selon ce qu'a pu confirmer La Presse. Les autres membres du quatuor arrêtés en compagnie de Craigwell, samedi dernier, sont Clayton Roach, 38 ans, Vincent Parent-Lévesque et Yossi Avadov. Ces derniers sont des résidants de Laval tous deux âgés de 23 ans.

RYTHME EFFRÉNÉ

Les signalements inquiétants avaient commencé à parvenir aux policiers dans d'autres municipalités à la fin de février, puis à Montréal en mars. Le modus operandi était toujours le même. Un groupe de braqueurs cagoulés entrait dans des établissements licenciés, de petits commerces et des maisons pour dévaliser tous les occupants à la pointe d'un fusil et repartir aussitôt. Des coffres-forts se faisaient vider. Des victimes étaient brutalisées, forcées de se mettre à genoux et de remettre leurs possessions. Une caissière de dépanneur avait été frappée violemment au visage. Les vols s'enchaînaient, parfois au rythme de deux par jour. « C'est énorme. Ils étaient très actifs, intenses », a relaté hier le commandant Mustaky Jean, du SPVM. Selon lui, certains vols n'ont d'ailleurs peut-être pas été rapportés à la police, dans des bars notamment, et le bilan pourrait encore s'alourdir.

UNE VOITURE PARTICULIÈRE

Les voleurs n'étaient pas faciles à pincer. « C'étaient des gens qui préparaient extrêmement bien leurs coups », raconte le commandant Jean. Les suspects observaient longuement leurs cibles, allaient jusqu'à s'installer au bar pour une visite de reconnaissance. Ils portaient des gants pour ne pas laisser d'empreintes digitales. Le Service des enquêtes partagées de la division Sud du SPVM disposait bien de quelques images d'eux captées par des caméras de surveillance pour lancer son enquête, mais la pièce maîtresse est venue de certains témoins, qui disaient avoir vu le même type de véhicule sur les scènes de crime : un Jeep Commander, soit un modèle utilitaire sport produit pendant seulement cinq ans, de 2005 à 2010. Les enquêteurs ont commencé à passer au peigne fin la liste des 314 propriétaires de Commander dans la région de Montréal. L'un d'eux est sorti du lot : Clayton Roach, 38 ans, de LaSalle. L'homme avait déjà été condamné pour vol qualifié.

PRIS PAR SURPRISE

Pour pouvoir arrêter toute la bande, les policiers ont lancé une équipe de filature aux trousses de Roach et attendu qu'il se réunisse avec ses complices. « Avec leur intensité, nous étions sûrs qu'ils allaient en faire d'autres », explique Mustaky Jean. Samedi dernier, les quatre se sont en effet réunis. Ils ont tourné en voiture autour de plusieurs bars dans l'ouest de Montréal. Les policiers attendaient qu'ils se compromettent pour les appréhender. Mais tout à coup, le véhicule des suspects s'est engagé dans une rue résidentielle de Lachine, près de la rue Saint-Antoine et de la 18e Avenue, et les policiers les ont perdus de vue. « Ils nous ont pris totalement par surprise et sont entrés dans un domicile privé. Ça s'est fait très vite, en deux minutes. Puis ils sont partis en trombe », relate le commandant, qui était sur le terrain avec son lieutenant et des dizaines de policiers ce jour-là. Les occupants de la maison avaient été détroussés en un clin d'oeil.

INTERCEPTION À HAUT RISQUE

Les policiers cherchaient le moment le plus sûr pour intercepter le véhicule des suspects, qu'on croyait armés. L'occasion s'est présentée dans un secteur industriel près du boulevard des Laurentides et de l'autoroute 440, à Laval. Lorsque leur véhicule s'est fait bloquer la voie, deux suspects se sont rendus, après avoir jeté par la fenêtre des cagoules, des gants et une arme de poing qui s'est avérée être une simple réplique d'arme à feu après analyse. Deux autres suspects ont pris la fuite à pied et ont été retrouvés grâce à des chiens renifleurs, cachés dans des conteneurs à proximité. Dans la voiture, les policiers ont saisi un bâton de baseball, un vaporisateur de gaz poivre, des attaches de plastique « tie wraps », des bijoux et des tablettes électroniques volées dans la résidence de Lasalle ainsi que des vêtements reliés à des vols précédents.

PAS UNE PREMIÈRE

Ce n'est pas la première fois qu'un bandit expulsé du pays pour crimes graves réussit à revenir pour continuer ses activités criminelles. En 2015, le SPVM avait arrêté un Trinidadien pour un meurtre et une douzaine de violations de domicile commis entre 2006 et 2009. L'accusé dans cette affaire, Septimus Neverson, avait pourtant été expulsé du Canada en 2000, après avoir purgé une peine pour l'homicide involontaire d'un homme pendant un vol. Mais il avait continué à multiplier les allers-retours entre son pays et le Canada afin de commettre de nouveaux crimes, en utilisant un passeport frauduleux et une fausse identité.

- Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse




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