Le chef du SPVM admet avoir avalisé la surveillance de Patrick Lagacé

Le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé.... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé.

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Louise Leduc
La Presse

La surveillance du journaliste Patrick Lagacé a été décidée dès le 12 janvier 2016 par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et avalisée lors d'une réunion au sommet par son directeur général lui-même, Philippe Pichet.

«J'étais d'accord», a-t-il dit dans son témoignage, mardi, à la Commission d'enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

Comme la surveillance de journalistes n'est cependant pas habituelle, M. Pichet avait pris soin de convoquer une réunion avec trois directeurs adjoints et avec le responsable des affaires internes du SPVM, Costa Labos, qui est aujourd'hui visé par une enquête pour fabrication de preuves.

«Je voulais m'assurer que toutes les règles avaient été suivies, que tout était conforme», a expliqué M. Pichet.

Encore à ce jour, il ne voit rien de problématique avec le mandat de surveillance de Patrick Lagacé, qui avait justement été demandé parce que des enquêteurs spécialistes des gangs de rue et du trafic de drogue étaient soupçonnés de fabrication de preuves.

Conscients que les données interceptées par la surveillance de Patrick Lagacé (le registre des appels entrants et sortants de son iPhone et de ses déplacements captés par géolocalisation) étaient «sensibles», les hauts dirigeants du SPVM ont convenu, peu après la réunion du 12 janvier, qu'elles feraient l'objet d'une «double sécurité» et qu'elles seraient sauvegardées sur une clé dite «militaire» - «ce qui n'est pas habituel», a précisé M. Pichet.

On informera par la suite M. Pichet que la chose a été faite. Or, dans une déclaration sous serment présentée récemment devant les tribunaux et signée par le policier Iad Hanna, il appert que les données n'ont finalement été enregistrées sur la clé militaire que le 27 octobre dernier.

«C'est préoccupant», a réagi Didier Deramond, directeur adjoint au SPVM. Comme M. Pichet, il a appris la chose par la bouche de Me Christian Leblanc, l'avocat qui représente notamment Radio-Canada et La Presse à la commission Chamberland.

L'horaire de la commission Chamberland est chamboulé. Le témoignage des patrons de la Sûreté du Québec (SQ) et du SPVM ne devait durer qu'une journée pour chaque corps de police, mais dans les deux cas, il y aura prolongation.

Les directeurs généraux de la SQ et du SPVM sont donc tous deux de nouveau attendus aujourd'hui.




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