Un policier est acquitté de fraude avant son procès

Robin Tremblay est en arrêt de travail depuis presque... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

Agrandir

Robin Tremblay est en arrêt de travail depuis presque trois ans et demi.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Robin Tremblay, policier de la régie intermunicipale de police Roussillon qui était accusé d'avoir fraudé son syndicat pour moins de 5000 $ entre 2011 et 2013, a été acquitté en pleine enquête préliminaire, la semaine dernière. L'exercice n'a duré qu'une demi-journée, alors qu'il devait durer deux jours.

La Couronne a décidé de mettre fin au processus après avoir entendu les premiers témoignages et reçu des éléments de preuve de la défense, a fait valoir le procureur de la Couronne, Simon Lacoste.

M. Tremblay, qui était aussi accusé de fabrication de faux, a été libéré de cette accusation. L'homme de 43 ans sort blanchi, mais meurtri de cette aventure. «Ç'a duré trois ans et demi», dit-il.

Partys

M. Tremblay est policier depuis 1998. À partir de 2008, il s'est en outre impliqué dans la Fraternité des policiers de Roussillon, à titre de directeur aux affaires sociales. Son rôle consistait à organiser les partys de retraites, les dépouillements d'arbre de Noël pour les enfants et d'autres activités sociales. À ce titre, il engageait des dépenses qui lui étaient remboursées, ou qu'il payait par chèques émis par la Fraternité.

En 2012, après un jeu de chaises, le président de longue date du syndicat, André Fluet, s'est retrouvé trésorier, et l'ancien trésorier, Steve Gagnon, s'est retrouvé secrétaire. Ce sont les deux seuls témoins qui ont été entendus à l'enquête préliminaire de M. Tremblay.

De leurs témoignages, il se dégage qu'en 2013 M. Fluet a trouvé des failles dans le bilan de M. Tremblay. On lui reprochait notamment une somme de 1500 $, sans facture. Les bilans passés ont été examinés, et pareil reproche lui était adressé pour deux années précédentes.

M. Tremblay a fait valoir qu'il achetait des choses d'avance, quand elles venaient en solde, par exemple au Boxing Day, en prévision des partys futurs. C'était une manière d'économiser. Il conservait les achats chez lui dans une pièce. Il faisait ça depuis longtemps, rappelait qu'il avait reçu l'approbation pour le faire, et ne voyait pas pourquoi, tout à coup, ça devenait un problème. Mais pour l'exécutif, c'était un problème.

Démis

M. Tremblay a été démis de ses fonctions dans la Fraternité le 11 novembre 2013, et des membres sont allés récupérer le matériel qu'il gardait chez lui. Il a fallu une journée pour faire l'inventaire de ce matériel, a relaté M. Fluet lors de l'enquête préliminaire.

Les allégations ont été transmises au directeur de police, puisqu'on «constatait de possibles malversations, possiblement criminelles», a aussi expliqué M. Fluet la semaine dernière.

De fait, en août 2015, au terme d'une enquête menée par la police de Châteauguay, M. Tremblay a été accusé de fabrication de faux et de fraude. Le service de police l'a assigné à des fonctions administratives en attendant l'issue de son procès. L'affaire a été médiatisée.

M. Tremblay était patrouilleur et instructeur de tir, en emploi de la force et en contrôle de foules. Il assure qu'avant cette histoire, il n'avait pas de problèmes avec ses collègues. Après, l'atmosphère était intenable.

«Ils pensaient tous que j'étais un crosseur», dit celui qui affirme avoir vécu de l'intimidation et du harcèlement. Conséquence : il est en arrêt de travail depuis presque trois ans et demi. Il dit avoir tenté un retour avant sa mise en accusation, mais ça n'a pas fonctionné.

Maintenant qu'il est blanchi, M. Tremblay aspire à retrouver son travail, qu'il reprendrait la tête haute, assure-t-il. Il affirme qu'il n'accepterait pas d'intimidation, cependant. «Je ne suis coupable de rien. J'ai toujours fait les choses honnêtement», assure-t-il.

L'envers de l'affaire

Lors de l'enquête préliminaire, l'avocat de la défense, Alexandre Paradis, a établi que les membres de l'exécutif de la Fraternité recevaient une somme pour assumer leurs fonctions : par exemple, 5000 $ par année pour le président, 4000 $ pour le trésorier... Il s'agissait, selon M. Fluet, d'un «compte de dépenses sans facture».

Mais M. Fluet a admis que toutes les dépenses réelles engagées dans le cadre de leurs fonctions étaient remboursées de toute façon, sur présentation de factures. La somme parallèle était pour le «travail accompli» dans la Fraternité.

Questionnés à savoir s'ils déclaraient cette rémunération à l'impôt, MM. Fluet et Gagnon ont répondu par la négative. «Ce sont les instructions qu'on avait à l'époque, c'était prévu dans la constitution», a fait valoir M. Fluet.

Questionné à ce sujet par La Presse, M. Tremblay admet avoir lui aussi reçu une somme annuelle pour son travail à la Fraternité. Elle était d'environ 800 $ par année, dit-il. Il affirme l'avoir déclarée à l'impôt, parce que c'est ce que son «comptable lui avait dit de faire».

Il a été impossible d'avoir le point de vue de la Régie intermunicipale de police Roussillon, puisque les services administratifs ferment à midi le vendredi et qu'il n'y avait personne en autorité pour nous répondre, nous a-t-on dit. Nous n'avons pas été en mesure de joindre quelqu'un à la Fraternité vendredi.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer