«Serrez les genoux»: le juge Robin Camp démissionne et s'excuse

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Robin Camp

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Un juge qui avait demandé à une présumée victime d'agression sexuelle pourquoi elle n'avait pas serré les genoux a remis sa démission.

Dans un communiqué relayé par son avocat, le juge Robin Camp affirme qu'il démissionnera à titre de membre de la cour fédérale dès vendredi.

«Je voudrais exprimer mes sincères excuses à quiconque a été blessé par mes commentaires, a dit M. Camp. Je remercie tous ceux qui ont été généreux et attentionnés à mon égard et à celui de ma famille au cours des 15 derniers mois, particulièrement mon équipe judiciaire», a-t-il poursuivi.

Le comité chargé de surveiller le système judiciaire au pays recommandait la destitution du juge.

Le Conseil canadien de la magistrature a estimé que le comportement du juge Robin Camp a été «manifestement et profondément destructeur» quant à l'impartialité et l'intégrité dont doit faire preuve un tribunal.

Le rapport devait être remis à la ministre de la Justice, a indiqué le conseil.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué que le gouvernement avait l'intention d'aller de l'avant avec la destitution du juge si celui-ci n'avait pas démissionné.

«C'était l'intention du gouvernement d'appliquer la recommandation... pour s'assurer de l'intégrité et de la confiance du public envers le système de justice», a-t-elle déclaré.

Le comité a appuyé la recommandation d'un comité disciplinaire selon laquelle le juge Camp devrait être révoqué relativement à ses propos dans le premier procès pour agression sexuelle d'Alexander Wagar.

Dans les transcriptions du procès qui s'est déroulé à Calgary en 2014, le juge Camp - qui était un juge en cour provinciale à l'époque - avait appelé la plaignante «l'accusée» plusieurs fois, en plus de lui dire que «la douleur et le sexe allaient parfois ensemble».

Le juge Camp avait reconnu M. Wagar non coupable, mais la Cour d'appel avait ordonné un nouveau procès, au terme duquel l'accusé a été acquitté une fois de plus.

Le conseil a affirmé que les Canadiens s'attendaient de la part de leurs juges qu'ils maîtrisent les lois, aient de l'empathie et remettent en question toutes opinions personnelles qui pourraient les empêcher d'agir avec équité.

«Les juges sont censés démontrer une connaissance des enjeux sociaux et une sensibilité aux changements dans les valeurs sociales, l'humilité, la tolérance et le respect envers les autres. Il s'agit des qualités mêmes qui maintiennent la confiance du public dans le système de justice», a indiqué l'organisation dans son rapport.

Quatre membres du conseil, sur un total de 23 membres, n'ont pas appuyé la décision. Le rapport indique que ceux-ci ont convenu que les commentaires de M. Camp représentaient une inconduite judiciaire, tout en recommandant une sanction moindre que celle de la destitution.

L'avocat de M. Camp, Frank Addario, avait argué précédemment que son client devait être en mesure de conserver son emploi comme juge de la cour fédérale.

«La destitution n'est pas nécessaire pour maintenir la confiance du public dans cette affaire. L'inconduite du juge Camp a été le fruit de l'ignorance, et non de l'hostilité. Il a travaillé fort pour corriger son déficit de connaissances», a écrit Me Addario dans une réplique au conseil.




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