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Une ex-star du SPVM livrera sa version des faits

Spécialiste des enquêtes liées aux stupéfiants, Philippe Paul... (Photo archives La Presse)

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Spécialiste des enquêtes liées aux stupéfiants, Philippe Paul était considéré comme l'un des policiers du Québec contrôlant le plus d'informateurs confidentiels au sein des milieux criminels.

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Ses écrits pourraient intéresser tant la police que les criminels: en effet, l'ex-sergent-détective Philippe Paul, qui vient de quitter le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après s'être fait reprocher des fréquentations «dérangeantes», travaille à un livre autobiographique. Il affirme avoir été victime de calomnies «pour camoufler la vérité sur la corruption et le crime organisé».

Joint par La Presse, le policier fraîchement retraité s'est montré peu bavard, mais il a confirmé l'information. Il dit écrire quelques heures par jour avec l'aide d'un écrivain qui a de l'expérience en la matière.

«Mon silence jusqu'à maintenant était principalement lié à ma sécurité et à celle de mes proches. Mais est-ce que c'est possible de tolérer que des informations erronées soient diffusées sur moi pour camoufler la vérité sur la corruption et le crime organisé?», demande-t-il. Il refuse toutefois de préciser sa pensée.

Spécialiste des enquêtes liées aux stupéfiants, Philippe Paul était considéré comme l'un des policiers du Québec contrôlant le plus d'informateurs confidentiels au sein des milieux criminels susceptibles de mener à de grosses saisies et des arrestations dans des domaines variés: héroïne, cocaïne, armes, explosifs, réseaux de vols de voitures, complots pour meurtre.

Outre ses enquêtes sur le crime organisé, il était du groupe de policiers qui sont intervenus lors de la tuerie de Polytechnique, celle de l'Université Concordia et celle du collège Dawson.

Mais il suscitait la controverse au sein du SPVM. Ces dernières années, il a fait l'objet de plusieurs dénonciations de collègues qui l'accusaient d'être beaucoup trop proche de ses sources et d'entretenir des relations inacceptables avec des criminels. Le SPVM a déclenché une enquête criminelle sans précédent sur ses fréquentations, avec l'aide de la GRC.

En janvier, dans la foulée de cette enquête, Philippe Paul a été retiré précipitamment de ses fonctions et assigné à un autre poste. Peu après, une entreprise de construction dans laquelle il est impliqué a été la cible de cocktails Molotov. Puis, au début du mois d'avril, il a été suspendu sans solde par le SPVM. Il a pris sa retraite quelques jours plus tard. Aucune accusation n'a été portée contre lui, mais selon nos sources, l'enquête à son sujet se poursuit.

«J'ai décidé d'entreprendre un travail de mémoire pour rendre compte du chemin parcouru au cours d'une carrière hors du commun de presque 28 années de service», a-t-il expliqué à La Presse.

«Ce n'est pas une tentative de justification ou de vengeance, c'est un regard porté sur le chemin parcouru pour que les gens puissent apprécier une réalité fort différente de celle parfois diffusée dans les médias», dit-il.

Le retraité refuse de dévoiler le contenu de son manuscrit, mais il adresse déjà un message à l'intention de ses sources confidentielles.

«Je tiens à remercier toutes les personnes ayant collaboré avec moi au cours de ma carrière. Je vous assure que votre identité ne sera en aucun cas dévoilée. N'oubliez pas que vos informations ont permis de sauver plusieurs vies, de saisir des quantités incroyables de stupéfiants, sans compter des armes, et d'arrêter, de plus, des criminels particulièrement dangereux. Sans vous, je n'aurais pu y arriver», a-t-il lancé.




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