Une ex-psychoéducatrice pourrait être déclarée quérulente

Le palais de justice de Montréal.... (Photo AFP)

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Le palais de justice de Montréal.

Photo AFP

Congédiée de la commission scolaire, radiée provisoirement de son ordre professionnel et détenue en prison depuis plus de deux mois, Chantal Mino, une psychoéducatrice qui a entrepris une croisade contre la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et le système de justice, pourrait bien être déclarée plaideuse quérulente. La même étiquette devrait être accolée à son compagnon de combat, Adam Richard.

C'est du moins la requête que Me Julien Beauchamp-Laliberté a faite à la juge de la Cour supérieure Johanne St-Gelais, hier, à Montréal. Depuis août dernier, Mme Mino, 49 ans, et M. Richard, 40 ans, ont déposé un grand nombre de requêtes en cour. Des requêtes souvent saugrenues ou à la limite du rationnel. Leur discours s'apparente à celui des Freeman on the land, ceux qui prétendent échapper à la plupart des lois qui nous gouvernent parce qu'ils se décrivent comme des êtres «souverains».

Selon le procureur, Mme Mino et M. Richard remplissent tous les critères pour être déclarés plaideurs quérulents. «Ils ne cesseront jamais volontairement l'utilisation abusive des ressources judiciaires... Quiconque se présente sur leur chemin et est en désaccord avec eux risque de se faire poursuivre en justice ou devant d'autres instances», a-t-il fait valoir.

Les ennuis de Mme Mino semblent avoir commencé en 2010 ou en 2011, alors qu'elle était psychoéducatrice pour la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île. Elle se disait victime de harcèlement de la part de collègues. Ses doléances se sont ensuite étendues à son employeur, qui l'a congédiée, à son syndicat, qui ne l'a pas défendue à son goût, à des employés de la DPJ qui, selon elle, faisaient mal leur travail, à des avocats, des constables spéciaux du palais de justice de Saint-Jérôme...

Films

Mme Mino et M. Richard ont l'habitude de filmer en caméra cachée ou d'enregistrer leurs interventions. Ensuite, ils se servent de ces enregistrements pour faire des montages et publiciser leur combat sur le web. Dans l'un d'eux, mis en ligne le 29 juillet dernier et intitulé «DPJ: Loup, y es-tu, Entrevue reportage troublant sur une grave bévue de la DPJ et endossée par de nombreux intervenants publics», ils conspuaient certains employés de la DPJ. Une juge leur a ordonné de retirer la vidéo.

L'homme et la femme se prennent pour des justiciers. Dans une autre vidéo, inspirée directement du film Le bon, la brute et le truand, Mme Mino et M. Adam se présentent comme «les bons». Les «brutes» sont les constables spéciaux du palais de justice de Saint-Jérôme, et les truands sont d'autres intervenants du système.

Leur attitude leur a valu une accusation de harcèlement envers des constables et des employés du palais de justice de Saint-Jérôme. Ils ont ensuite été accusés de non-respect de conditions pour ne pas s'être présentés devant la cour. Ils ont été arrêtés en novembre, et sont détenus depuis. Deux juges ont refusé de les remettre en liberté.

Pas prêts

Hier, ils étaient devant la juge Johanne St-Gelais, qui avait réservé deux jours pour entendre la requête de la Couronne. Mais l'homme et la femme ont fait valoir que, de leur côté, ils n'étaient absolument pas prêts à procéder, parce qu'ils n'avaient pas eu le temps de se préparer. La juge a écouté les arguments du procureur et a alloué du temps aux deux accusés, afin qu'ils puissent se préparer. Ils reviendront devant la juge le 24 février pour présenter leurs arguments.




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