Enquête sur les femmes autochtones: les audiences continuent

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(Mani-Utenam) « Ma fille, on se revoit au paradis*. » Alma Mameanskum a perdu la garde de sa fille au début des années 80. Les services sociaux auraient refusé de la confier à ses proches. La petite s'est retrouvée dans une famille d'accueil à Schefferville. Elle aurait été violée puis assassinée quelques mois plus tard. Elle allait avoir 5 ans.

L'histoire tragique d'Alma Mameanskum, de la nation naskapie de Kawawachikamach près de Schefferville, s'est ajoutée à celles entendues lors des cinq jours d'audiences publiques de la commission d'enquête fédérale sur les femmes autochtones assassinées et disparues au pays. Les travaux s'étaient déplacés cette semaine à Mani-Utenam pour ce premier arrêt sur le sol québécois.

« Il a violé ma fille et l'a tuée », raconte en sanglots Mme Mameanskum. Elle affirme que c'est le garçon « malade » du couple qui s'était vu confier la garde de son bébé qui a commis l'horreur. Mme Mameanskum et sa soeur, Elizabeth, avaient frappé au domicile de la famille d'accueil pour voir la petite la veille de sa mort. « On voulait juste la voir et ils ne voulaient pas », soutient-elle.

Leur visite aurait provoqué la colère du garçon, relate Elizabeth Mameanskum. Le lendemain, les deux femmes apprenaient que la petite n'était plus. Comment cette famille a-t-elle pu obtenir la garde de l'enfant ?, se demandent-elles toujours près de 40 ans plus tard. « J'ai encore de la force en moi. Je ne vais jamais abandonner la cause de ma fille », a promis Alma Mameanskum.

« COMME LES PENSIONNATS »

La fille du frère d'Elizabeth Mameanskum a été confiée par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) à une famille d'accueil en 2012. Mme Mameanskum déplore que l'enfant n'ait pas pu être accueillie par des proches. « Je ne sais même pas où elle est. C'est ma nièce. Je ne l'ai jamais revue. Je serais tellement heureuse de revoir Diane », a-t-elle exprimé, émotive.

Elle affirme que lorsque les services sociaux ont pris l'enfant, la famille immédiate n'a pas été rencontrée. « Je voudrais que cette enfant puisse connaître sa culture, sa langue, sa famille. Les enfants qui sont allés dans les pensionnats, la DPJ essaie de faire la même chose. Ils essaient que ces enfants perdent leur culture. Aidez-nous à récupérer notre nièce », implore-t-elle.

AUTRE ALLÉGATION DE VIOL

Alma Mameanskum a aussi affirmé avoir été violée par un policier de la police municipale de Schefferville en 1976. Au premier jour de l'enquête fédérale, deux femmes innues de la Côte-Nord ont aussi soutenu avoir été victimes de viols par des policiers de Schefferville dans les années 80. Il n'a pas été précisé hier si Mme Mameanskum avait porté plainte dans cette affaire.

* Propos rapportés par le traducteur




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