La police veut faire fermer un bar de Laval

La façade de l'Ostid'Bar qui fait l'objet du... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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La façade de l'Ostid'Bar qui fait l'objet du bras de fer devant la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

L'Ostid'Bar, situé sur le boulevard Curé-Labelle à Laval, appartient-il à un individu lié aux Hells Angels ? C'est l'une des principales questions que devront trancher les régisseurs de la Régie des alcools, des courses et des jeux qui ont pris l'avenir de l'établissement licencié en délibéré jeudi, après plusieurs jours d'audience et de longues heures de témoignage.

Denis Larocque en compagnie du fondateur des Hells... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Denis Larocque en compagnie du fondateur des Hells Angels, Sonny Barger, lors d'une séance de dédicace.

Photo tirée de Facebook

La police de Laval veut faire révoquer les permis d'alcool de l'établissement, ce qui signifierait purement et simplement la fermeture du bar du quartier Sainte-Rose qui s'appelait Le Repaire jusqu'à il y a environ un an.

En juin 2015, la police de Laval a mené une opération anti-stupéfiant d'envergure avec des agents doubles - dans le bar et ailleurs - qui a mené au démantèlement d'un réseau de trafic de cocaïne, l'arrestation de six personnes et la saisie d'une certaine quantité de drogues.

UN HELLS DANS LES PARAGES

Outre la vente de stupéfiants, la police soutient que le bar, dont la propriétaire est Isabelle Charbonneau, selon les papiers, appartient dans les faits à Denis Larocque, ancien membre d'un club de motards sympathisants qui aurait gravi les échelons et serait maintenant un hang-around des Hells Angels, selon le témoignage d'un policier du Renseignement de la Sûreté du Québec, Patrice Boucher.

Le hang around est le plus bas niveau hiérarchique dans la structure des Hells Angels. La prochaine étape est le titre de prospect qui doit être porté durant au moins un an avant qu'un individu puisse devenir membre officiel des Hells Angels.

« Un hang-around fait tout ce que le membre des Hells Angels va lui demander. Il prépare la salle, monte les kiosques, fait de la surveillance. Il est à la solde du membre », a dit le témoin.

M. Boucher a expliqué qu'un individu doit être connu d'un membre des Hells Angels durant au moins cinq ans avant d'espérer devenir membre lui-même.

Selon le policier, Denis Larocque était auparavant un membre des Black Evils de Laval. Il a été observé dans plusieurs événements de motards, notamment au méchoui du chapitre South des Hells Angels à Longueuil en septembre 2015. Il aurait alors été le chauffeur de Normand Labelle, membre des Hells Angels. L'année suivante, il a été vu dans des randonnées de motos et au Bike et Tattoo Show de Laval, arborant les couleurs des Hells Angels.

Fait à noter, durant au moins l'un des événements, Larocque arborait un autocollant « Le Repaire » sur son casque de moto. Toutefois, le motard possède une auberge ayant le même nom et le même logo - deux revolvers pointés vers le haut - en Jamaïque.

Sur la page Facebook du bar, les responsables ont annoncé à la mi-octobre un concours dont le prix était un séjour à l'auberge Le Repaire en Jamaïque. Celle-ci a sa propre page Facebook sur laquelle on voit plusieurs photos, notamment de Denis Larocque. Les régisseurs devront vraisemblablement se demander s'il y a un lien entre les deux établissements.

PRÉSENCE NON DÉSIRÉE

Des témoins de la police ont rapporté avoir vu Denis Larocque à plusieurs reprises au bar Le Repaire. Mme Charbonneau a expliqué que c'est parce que le motard est propriétaire de l'immeuble. Elle a dit qu'elle était propriétaire du fonds de commerce du bar depuis 2001 et qu'elle louait le local à Denis Larocque.

Elle a ajouté avoir dit à Larocque qu'elle ne voulait plus le voir dans son bar en raison des problèmes que provoque sa présence et que, de toute façon, ce dernier voudrait bientôt aller vivre en Jamaïque à longueur d'année.

Enfin, elle a expliqué la vente de stupéfiants dans son bar en 2015 par le fait qu'elle avait été moins présente durant une certaine période.

On ne sait pas quand les régisseurs rendront leur décision.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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