Vague de surdoses au fentanyl à Montréal

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Dans le seul début de journée de vendredi, sept cas de surdoses causées par un mélange d'héroïne et de fentanyl ont été enregistrés dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

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Daniel Renaud
La Presse

Dix surdoses, dont la majorité pourraient être liées au fentanyl - une drogue quarante fois plus forte que l'héroïne et qui peut être mortelle -, dont sept dans la seule journée de vendredi, sont survenues à Montréal au cours des trois derniers jours. Vendredi, la situation était telle que la police a dû intervenir d'urgence pour arrêter les présumés trafiquants.

Depuis le début de l'été, au moins deux consommateurs de drogue sont officiellement morts après avoir consommé du fentanyl, a indiqué le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à La Presse.

La drogue qui fait des ravages aux États-Unis et dans l'Ouest canadien est bel et bien arrivée à Montréal, tellement que des sources au sein de la police de Montréal commencent à parler de la création d'une force de frappe pour lutter contre son arrivée.

Situation d'urgence

Pour le moment, c'est la section Crimes de violence (CDV) de la division Est du SPVM qui coordonne la lutte contre le fentanyl. Dans le seul début de journée de vendredi, sept cas de surdoses causées par un mélange d'héroïne et de fentanyl ont été enregistrés dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, ce qui a forcé les enquêteurs à se retourner rapidement pour arrêter la distribution de ce dangereux cocktail.

Vendredi soir, avec l'aide notamment du Groupe tactique d'intervention, ils ont effectué cinq perquisitions dans des résidences des rues La Fontaine et Parkville et dans deux véhicules et ont arrêté quatre hommes et une femme âgés de 21 à 37 ans.

« Les enquêteurs ont identifié d'où provenait la drogue et ont frappé rapidement pour ne pas qu'elle reste en circulation, car c'était trop dangereux », explique l'agent Manuel Couture, du SPVM.

« Ils ont notamment saisi 260 g d'un mélange possible de fentanyl et d'héroïne, ce qui reste à déterminer par des expertises », ajoute M. Couture.

Les suspects, Frédérick Couture, Michel Couturier-Bujold, Jean-François Masson, Mathieu Quintal et Catherine Robitaille, ont été accusés de trafic de stupéfiants samedi. Ils reviendront en cour aujourd'hui et demain pour leur remise en liberté. Outre le fameux mélange, les policiers ont saisi des comprimés de méthamphétamine, de la marijuana, de la cocaïne, du haschisch, de la kétamine et une somme de 2000 $ lors du démantèlement de ce réseau qui serait lié aux motards, selon nos informations.

Notons qu'aucun des sept cas de surdose de vendredi n'a été mortel. Les consommateurs auraient reçu une dose de naloxone, un composé qui permet de diminuer ou d'arrêter les effets de la drogue.

Les trois autres cas de surdose survenus depuis le début de la fin de semaine ne seraient pas liés au fentanyl et n'ont pas été mortels non plus.

Le SPVM «aux aguets»

Récemment, La Presse s'est entretenue avec le commandant de la division du Crime organisé du SPVM, Nicodemo Milano, au sujet des surdoses de fentanyl, et ce dernier nous a fourni des statistiques officielles du service.

Depuis le début de l'année, on dénombre 88 dossiers de surdose à Montréal - ceux de la fin de semaine compris -, dont 18 mortels. De ce nombre, deux décès sont attribuables à la consommation de fentanyl et trois seraient toujours en analyse. Les deux décès sont survenus les 7 juin et 7 août.

« Actuellement, on ne constate pas une tendance, c'est stable. Pour le moment, cela n'arrive pas très souvent, mais il y a plus de surveillance. Nous ne nous mettons pas la tête dans le sable, nous sommes au courant de la problématique et nous sommes aux aguets », a déclaré le commandant Milano à La Presse il y a deux semaines.

Les autorités ne cèdent pas à la panique, mais elles sont de plus en plus préoccupées. Des sources policières consultées par La Presse se demandent si une situation d'urgence comme celle de vendredi pourrait avoir été attisée par la disparition, au début de l'année, des escouades Stupéfiants et Gangs de rue au profit des nouvelles sections Crimes de violence que l'on retrouve dans les quatre régions de l'île de Montréal.

« Avant, les enquêteurs travaillaient continuellement les petits revendeurs de rue, ce qui pouvait prévenir la distribution de telles cochonneries. Maintenant, le travail des enquêteurs contre les petits vendeurs de rue n'est plus aussi systématique », nous a-t-on confié.

L'annonce de la disparition des anciennes escouades d'enquête Stupéfiants, Gangs de rue et Générales et leur remplacement par les nouvelles sections Crimes de violence avaient été mal reçus avant l'expérience et au début de celle-ci, mais les critiques se sont quelque peu estompées depuis.

Rappelons que l'organisme Échec au crime offre une récompense pouvant aller jusqu'à 2000 $ pour toute information permettant la saisie de fentanyl ou l'arrestation de trafiquants.

SURDOSES PAR SECTEURS DE MONTRÉAL (2017)*

  • Est : 35 surdoses, dont 5 mortelles
  • Nord : 19 surdoses, dont 2 mortelles
  • Ouest : 7 surdoses, dont 3 mortelles
  • Sud : 16 surdoses, dont 7 mortelles

* Ces chiffres ne comprennent pas les 10 cas de la fin de semaine

 

***

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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