Un autre journaliste a été surveillé par la SQ

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Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme.

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Louise Leduc
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Un autre journaliste, Nicolas Saillant, du Journal de Québec, a été mis sous surveillance par la Sûreté du Québec (SQ). C'est ce qu'a dévoilé lundi son directeur général, Martin Prud'homme.

M. Prud'homme a fait cette révélation lors de son témoignage à la Commission de la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

La surveillance en question remonte à 2012. C'est en demandant à être mis au courant de tous les cas de journalistes qui avaient été surveillés depuis 20 ans que le directeur général de la SQ affirme avoir appris la chose. « J'en ai été informé le 20 décembre [2016], j'en ai informé la sous-ministre le 21 », a dit M. Prud'homme.

Nicolas Saillant ignorait tout de cela jusqu'à mardi. La Commission, elle, était au courant depuis quelques mois qu'un autre reporter avait été espionné, mais elle ne connaissait pas son identité, pas plus que les raisons pour lesquelles il avait été surveillé.

« Nous sommes en attente de documents de la Sûreté du Québec [à ce sujet] », a déclaré en point de presse Me Charles Levasseur, avocat en chef adjoint de la Commission, qui a souligné que les demandes avaient pourtant été faites « en temps opportun ».

Au terme de son témoignage qui a duré toute la journée - tout comme celui de trois autres membres de l'état-major de la SQ - , M. Prud'homme n'a pas répondu aux questions des journalistes. Guy Lapointe, porte-parole de la SQ, a néanmoins expliqué que si les documents sur la surveillance de Nicolas Saillant n'avaient pas encore été remis à la commission Chamberland, c'est que « toute une panoplie de documents » avait été demandée et que ceux-là n'avaient pas été ciblés par la Commission comme étant prioritaires.

À plusieurs reprises au cours de la journée, M. Prud'homme a répété que la surveillance de journalistes, de même que celle de Michel Arsenault, qui était président de la FTQ, précédait son entrée en poste à la Sûreté du Québec et qu'il n'était donc pas en mesure de répondre à plusieurs questions qui lui étaient posées.

Bien qu'il ait émis en novembre une directive obligeant désormais toute son organisation à le tenir au courant si la surveillance de journalistes était de nouveau demandée, M. Prud'homme a souligné qu'il n'avait pas pour autant analysé les cas de surveillance des journalistes qui datent de 2013 et qui ont été à l'origine de la commission Chamberland. « Je n'ai consulté aucun document relatif à l'enquête [de 2013]. Je l'ai traitée comme une enquête indépendante », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il revenait en fait à l'ancien directeur de la Sûreté du Québec d'en répondre.

Le témoignage des hauts dirigeants de la SQ a aussi permis d'apprendre qu'avant novembre, aucune procédure n'obligeait un enquêteur à informer l'état-major de la Sûreté du Québec du fait qu'un journaliste faisait l'objet d'une enquête.

Grande prudence

En matinée, le directeur général de la Sûreté du Québec a par ailleurs fait valoir que si le ministre de la Sécurité publique est le grand patron de la police, ses échanges avec la Sûreté du Québec se font dans la plus grande prudence.

Notant avoir côtoyé six ministres et différents gouvernements, Martin Prud'homme, qui était sous-ministre avant de devenir directeur général de la SQ, a indiqué qu'il n'était jamais arrivé au cours de sa carrière qu'un ministre de la Sécurité publique demande d'être mis au courant d'informations précises sur des enquêtes.

Pour sa part, M. Prud'homme a souligné « qu'il faisait preuve de la plus grande prudence sur l'information » qu'il échangeait avec le ministre de la Sécurité publique. « On évite tout ce qui est nominatif. »

Même si toute la journée a été consacrée au témoignage de la Sûreté du Québec, il n'est pas terminé, de sorte que son directeur général est de nouveau attendu à la commission Chamberland demain.

Aujourd'hui, c'est au tour de Philippe Pichet, directeur du Service de police de la Ville de Montréal, d'être entendu.

La commission d'enquête a été mise en place à la suite des révélations selon lesquelles des journalistes de La Presse et de Radio-Canada ont fait pendant plusieurs mois l'objet de surveillance policière.




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