L'ex-criminaliste Louis Pasquin rattrapé par la justice

Pasquin a été condamné à quatre ans et demi... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Pasquin a été condamné à quatre ans et demi de pénitencier en juin 2009, mais avait immédiatement porté sa cause en appel et réussi à conserver sa liberté en attendant la fin des procédures.

Photo David Boily, archives La Presse

Huit ans après avoir été arrêté dans le démantèlement d'un prolifique réseau de trafiquants de cocaïne opérant dans les Laurentides, l'ancien criminaliste Louis Pasquin a pris le chemin des cellules jeudi soir, a appris La Presse.

Durant toutes ces années, Pasquin, premier avocat à avoir été reconnu coupable de gangstérisme au pays, a pu éviter la prison en s'adressant aux tribunaux supérieurs. Mais le 15 avril dernier, la Cour d'appel l'a débouté en grande partie. On ignore s'il s'adressera à la Cour suprême. Mais puisqu'il a échoué en appel, les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont frappé à sa porte à Montréal jeudi avant de lui passer les menottes et de le transporter vers une prison de la métropole.

Pasquin a été condamné à quatre ans et demi de pénitencier en juin 2009, mais avait immédiatement porté sa cause en appel et réussi à conserver sa liberté en attendant la fin des procédures.

Il avait été arrêté en mars 2006 dans le cadre d'une opération de la Sûreté du Québec baptisée Piranha visant un réseau de trafiquants de cocaïne surnommé le gang du nord dont les têtes dirigeantes avaient des liens avec des Hells Angels.

De la poutine

C'est en écoutant certains suspects durant l'enquête que les policiers ont commencé à entendre Pasquin dans certaines conversations. Ils ont par la suite demandé et obtenu l'autorisation d'écouter le criminaliste. Les policiers ont pu avoir accès à une cinquantaine de conversations impliquant l'avocat, un trafiquant qui était aussi son beau-frère, Michael Russell, et le chef du réseau, Louis Alain Dauphin.

Dans celles-ci, les trois hommes utilisent un langage opaque, ne donnant jamais de noms, préférant parler de «l'ami» ou de «l'autre». Il est de plus question de «poutine» pour désigner de la cocaïne, et Russell, qui habite chez Pasquin, emploie les mots «maison» et «bureau» pour désigner la demeure du criminaliste comme lieu de rendez-vous avec Dauphin. D'autres extraits font état de l'implication de Pasquin dans la préparation de documents pour une transaction immobilière devant servir à rembourser une dette causée par la saisie de 50 kg de cocaïne.

À la lumière de ces conversations, le juge Carol St-Cyr de la Cour du Québec a conclu que Pasquin était au courant des activités du gang et avait joué un rôle d'intermédiaire. Il l'a donc reconnu coupable et condamné.

Devant la Cour d'appel, Pasquin a tenté de faire exclure de la preuve ces conversations incriminantes, affirmant qu'elles étaient «privilégiées», dans un contexte de relation avocat-clients. Le plus haut tribunal au Québec l'a acquitté d'un chef de possession d'une substance prohibée dans un but de trafic, mais a maintenu la décision rendue en première instance sur les autres accusations.




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