Richard Henry Bain: un amoureux du Canada à l'âme troublée

  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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    Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir.

    Olivier Pontbriand, La Presse

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  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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    Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir.

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  • Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir. (Olivier Pontbriand, La Presse)

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    Un homme armé âgé de 62 ans a été arrêté par le SPVM derrière la salle du Métropolis où se rassemblaient les militants péquistes, tard mardi soir.

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  • Pauline Marois, évacuée par le service de sécurité. (Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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    Pauline Marois, évacuée par le service de sécurité.

    Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne

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  • Ce camion jugé suspect était, mercredi matin très tôt, inspecté par les policiers du SPVM. (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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    Ce camion jugé suspect était, mercredi matin très tôt, inspecté par les policiers du SPVM.

    Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Richard Henry Bain, soupçonné d'être responsable de l'attentat survenu mardi soir durant le discours de Pauline Marois, est décrit par ses voisins comme un amoureux du Canada qui craint la séparation du Québec.

M. Bain, ancien chef d'équipe dans une usine du secteur des métaux, dans l'est de Montréal, a été secoué par sa retraite, en 2008. «On a alors senti un changement d'attitude chez Richard», a dit une voisine francophone, devenue son amie au fil des ans.

«La grippe A(H1N1) l'a affecté. Il craignait ça beaucoup. Il s'équipait pour résister à une éventuelle pandémie et prévoyait se réfugier dans son chalet», précise la femme, qui confiait souvent ses jeunes enfants à la conjointe de Richard Bain, dont elle préfère taire le nom.

«C'est un bon monsieur et elle, une excellente voisine. Les enfants les ont toujours bien aimés», précise-t-elle.

En 2009, à l'aube de ses 60 ans, Richard Bain a subitement quitté la femme avec qui il vivait depuis plusieurs années. Il a alors vendu son bungalow de Repentigny pour déménager dans les Laurentides. Le couple qui a acheté la maison a constaté, en la visitant, que deux fusils d'épaule traînaient sur l'établi du sous-sol.

«Il était un peu spécial, mais nous n'aurions pas cru qu'il ferait ce qu'il a fait», a dit le nouveau propriétaire.

Bataille bureaucratique

Grand amateur de chasse, Richard Bain s'est ensuite mis à vendre des forfaits de pêche et de randonnées équestres à La Conception, près de Mont-Tremblant. Il se bat depuis pour obtenir des droits exclusifs sur un territoire entourant le lac Wade, situé sur des terres du gouvernement du Québec.

«C'est quelqu'un qui vient souvent nous voir. Ses demandes exigent beaucoup de travail», a indiqué Marie-France Brisson, directrice générale de La Conception. Elle a expliqué que les requêtes en question étaient «peu structurées».

Amateur de kilts écossais et admirateur de Céline Dion, Richard Henry Bain conduisait un camion militaire arborant l'image de la souris Mickey, affublée d'un panache. Il s'en est servi pour conduire les enfants d'un camp de jour en pique-nique, à l'été 2011, et pour amener d'autres clients à son chalet - autrement inaccessible.

Lorsqu'il a été arrêté, l'homme a crié que les anglophones allaient se réveiller et que c'était «payback time».

Lors de ses visites à l'hôtel de ville de La Conception, il se montrait pourtant courtois et n'exigeait pas d'être servi en anglais, même s'il s'exprimait avec un fort accent en français.

Richard Bain, qui aura 62 ans dans trois jours, critiquait plutôt les autres fonctionnaires auxquels il avait affaire et se plaignait de leur attitude bureaucratique.

Avec Céline Dion

Le site internet de son entreprise a été désactivé hier. Dans le dépliant de sa pourvoirie, on le voit vêtu d'un kilt et d'une chemise blanche. Richard Bain a de nouveau enfilé le costume traditionnel écossais pour assister à l'encan de la Fondation Tremblant, l'an dernier. «Ce soir-là, 400 ou 500 personnes se trouvaient dans la salle. C'était le seul en kilt, mais il parlait français», a précisé André Ste-Marie, président de la Fondation.

Richard Bain a alors dépensé plusieurs milliers de dollars pour acheter un forfait VIP lui permettant d'assister à un spectacle de Céline Dion à Las Vegas, puis de la rencontrer dans les coulisses. Le

8 février 2012, L'Information du Nord Mont-Tremblant a publié une photo de la chanteuse entourée du suspect et de son frère, qui vit à Hawkesbury.

Au début des années 2000, Richard Bain a été propriétaire pendant quelques mois d'un cottage jumelé dans le quartier Saint-Michel, à Montréal. Deux ans plus tard, il a emménagé avec sa conjointe à Repentigny. L'acte notarié de la vente précise qu'il n'a jamais été marié ni uni civilement.

Maurice Plouffe, maire de La Conception, a vu M. Bain la dernière fois au Ironman à Tremblant. Il le décrit comme un homme d'affaires très tenace, qui avait «beaucoup beaucoup» de projets, «une personnalité assez forte», mais «toujours correct». Il n'a jamais pensé que M. Bain pouvait avoir des problèmes de santé mentale.

L'homme n'a pas eu de démêlés avec la justice, outre une affaire d'ivresse sur la voie publique. Il a aussi trois petits dossiers en cour municipale, pour avoir fait crisser ses pneus, avoir traversé une ligne pleine et avoir omis de payer ses droits d'immatriculation.

- Avec la collaboration de David Santerre, Christiane Desjardins et Vincent Larouche

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Fil des événements

> Peu avant minuit mardi soir, Pauline Marois, chef du Parti québécois et première ministre désignée, prononçait son discours de la victoire, au Métropolis de Montréal - une salle pouvant accueillir jusqu'à 2300 personnes.

> Vêtu d'un peignoir bleu et d'une cagoule noire, Richard Henry Bain, résidant de La Conception qui aura 62 ans le 8 septembre, s'est approché de l'entrée des artistes, derrière le Métropolis.

> M. Bain a tiré en direction de la salle et atteint deux techniciens. À l'intérieur de la salle, le son de l'arme a été couvert par le vacarme des militants, qui n'ont rien entendu.

> La mort de Denis Blanchette, technicien de scène de 48 ans, père d'une fille de 4 ans, a été constatée sur place. Il aurait empêché le tireur d'entrer dans le Métropolis.

> Un autre technicien de 27 ans, Dave Courage, a été touché au niveau du bassin. Il a été opéré à l'Hôpital général de Montréal et son état est stable. Un troisième homme a été traité pour choc nerveux au même hôpital, puis a reçu son congé.

> Rapidement, un agent de la Sûreté du Québec a tiré le blessé à l'intérieur du Métropolis et verrouillé la porte. Le suspect a allumé un incendie à l'extérieur de la salle.

> Des policiers ont ensuite plaqué le tireur au sol. «Les Anglais se réveillent, a dit l'homme. It's gonna be fucking payback.» Un policier en civil a pris au moins deux armes saisies au suspect, une arme de poing et un fusil d'assaut.

> Pendant ce temps, alors qu'elle prononçait toujours son discours télédiffusé en direct, Mme Marois a été promptement entraînée dans les coulisses par ses gardes du corps. Elle est ensuite retournée au micro et a demandé aux militants de quitter la salle calmement.

> Une fois le suspect dans une voiture de patrouille, des policiers ont fouillé son véhicule de type Yukon GMC, garé dans le stationnement des Habitations Jeanne-Mance. Ils y auraient trouvé un bidon de liquide inflammable et une scie.

> Pendant son interrogatoire, hier matin, M. Bain a été transporté à l'hôpital sous protection policière, en raison d'un léger malaise. Selon la police, il pourrait comparaître aujourd'hui. C'est la Sûreté du Québec qui mène l'enquête.

- Marie Allard




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