Un homme d'affaires montréalais arrêté aux États-Unis

Luc Verville était à la tête du projet... (Archives La Presse)

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Luc Verville était à la tête du projet Capazoo, un site internet de réseautage qui devait concurrencer Facebook. Au printemps 2008, la PME a brusquement fermé, ce qui a fait perdre 15 millions de dollars aux investisseurs.

Archives La Presse

L'homme d'affaires Luc Verville, connu à Montréal pour ses projets controversés, a été arrêté aux États-Unis et accusé de blanchiment d'argent, a appris La Presse.

Selon l'acte d'accusation, M. Verville a participé à une opération visant à blanchir 50 000$ en espèces provenant du trafic de la drogue. L'acte criminel aurait été commis avec un partenaire, Brian Theodore Palma. Les deux hommes se sont fait prendre par des agents d'infiltration du Federal Bureau of Investigation (FBI).

Des personnalités québécoises flouées

Luc Verville est ce promoteur qui a fait perdre des millions de dollars à des investisseurs québécois au cours des dernières années. Des personnalités ont perdu une fortune avec ses projets, notamment Gilles Latulippe, Francine Grimaldi, Placide Poulin (baignoires MAAX) et Paul Delage Roberge (Les Ailes de la mode).

Verville a été arrêté à Orlando, en Floride, le 27 février. Il y a été détenu jusqu'à hier matin avant d'être transféré dans une prison près de la ville de Detroit, dans l'État du Michigan, selon nos renseignements. C'est dans cet État que Verville aurait participé à une opération de blanchiment d'argent.

Le dossier de Verville déposé devant les tribunaux américains donne peu de détails sur les événements. Par contre, celui de Brian Theodore Palma, dans lequel il est question de Verville, est beaucoup plus détaillé. L'agent spécial Neil Gavin, qui enquête sur le crime organisé au FBI, y a déposé une déclaration sous serment pour justifier l'arrestation de Palma, en juillet 2011.

Selon ce témoignage, un agent d'infiltration du FBI a donné un premier coup de téléphone en juillet 2009 à Palma, qui se trouvait alors en Pologne. En janvier 2010, l'agent a rencontré Palma à Phoenix et lui a indiqué qu'il avait des partenaires aux États-Unis impliqués dans le trafic illégal de drogue qui souhaitaient «blanchir de l'argent comptant dans des comptes de banque en Europe». Palma aurait alors décrit en détail ses méthodes de transferts de fonds.

En juin 2010, une nouvelle rencontre a eu lieu avec Palma. Le premier agent d'infiltration était accompagné d'un deuxième, qui s'est décrit comme une gestionnaire de fonds pour un groupe de narcotrafiquants. Les parties se sont entendues pour d'abord faire une petite transaction de blanchiment en guise de «test», afin d'établir la confiance, selon la déclaration sous serment du FBI.

Les pourparlers se sont poursuivis au téléphone dans les mois suivants, pour fixer l'opération test au 20 septembre 2010. Ce jour-là, le premier agent d'infiltration a rencontré Luc Verville à Romulus, petite ville du Michigan près de la frontière ontarienne. Il lui a remis 50 000$ en espèces en précisant qu'il s'agissait de profits du trafic de la drogue. «Verville a alors transporté l'argent dans son véhicule et traversé la frontière vers le Canada», est-il écrit dans la déclaration sous serment.

Après quelques mois, les fonds ont finalement abouti dans un compte en Pologne, après une tentative infructueuse à Londres, au Royaume-Uni, selon le témoignage du FBI déposé en cour.

Passible de 20 ans de prison

Palma et Verville sont chacun passible de 20 ans de prison et d'une amende de 250 000$. Palma est en liberté provisoire en attente de son procès. Il doit porter à tout moment un bracelet permettant de le situer. Il a plaidé non coupable et son procès a été fixé au 10 avril.

La poursuite contre Verville n'est pas aussi avancée; aucune date de procès n'a été évoquée. Nous avons tenté de joindre l'avocat de Palma et des proches de Verville, sans succès.

Luc Verville n'a jamais été arrêté au Québec pour des causes criminelles, mais il est poursuivi par l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans l'affaire Capazoo.

Capazoo était un site internet de réseautage qui devait concurrencer Facebook. Au printemps 2008, la PME a brusquement fermé, ce qui a fait perdre 15 millions de dollars aux investisseurs. Parmi eux figuraient les ex-hockeyeurs professionnels Aaron Downey, Darryl Shannon et Daniel Bouchard, de même que l'homme d'affaires Paul Delage Roberge.

L'AMF réclame 120 000$ d'amendes à Luc Verville dans cette affaire, dont le procès débutera en octobre.

Investissement à la Barbade

Dans un autre dossier, entre 2000 et 2002, des investisseurs avaient confié des fonds à Verville pour un investissement à la Barbade, paradis fiscal. L'argent a finalement été englouti dans un projet de service aérien, à Dorval, qui s'est avéré un désastre. Investisseurs et créanciers, parmi lesquels figuraient Gilles Latulippe et Placide Poulin, ont perdu 23 millions.

Cette dernière affaire a traîné devant les tribunaux jusqu'à tout récemment. L'un des courtiers de Verville et son ex-maison de courtage, de la Banque TD, ont été condamnés à rembourser 6,7 millions à un investisseur beauceron.




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