Agression à la Cour d'appel: Sylvain Gaudreau libéré

La sauvage agression est survenue sous les yeux... (Photo: André Tremblay, Archives La Presse)

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La sauvage agression est survenue sous les yeux d'un juge de la Cour d'appel, en pleine salle d'audience, alors que ne s'y trouvait aucun constable spécial.

Photo: André Tremblay, Archives La Presse

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«La violence semble un dénominateur commun dans votre parcours judiciaire.»

Le juge Jean-Pierre Boyer a souligné le passé violent de Sylvain Gaudreau, cet homme inculpé d'avoir blessé ses deux adversaires dans une salle d'audience de la Cour d'appel, mais a tout de même décidé de lui accorder sa mise en liberté provisoire ce matin au palais de justice de Montréal.

Le juge Boyer a qualifié l'agression à la Cour d'appel de «rocambolesque» et d'«intolérable». De sévères conditions de mise en liberté sont toutefois suffisantes pour protéger le public, estime le magistrat.

Sylvain Gaudreau ne pourra plus se présenter en cour sans avocat. L'homme de 47 ans devra également signaler sa présence aux constables spéciaux à chacune de ses comparutions.

L'accusé n'aura pas le droit d'entrer en contact avec les deux victimes, Maurice Tétreault et Robin Doak, ni de s'approcher à moins de 100 mètres de la résidence ou du lieu de travail de ceux-ci. Il devra aussi suivre une thérapie pour régler son problème de violence.

Robin Doak a reçu des coups à la... (Photo fournie par la famille) - image 2.0

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Robin Doak a reçu des coups à la tête qui lui ont fait perdre connaissance, et il souffre d'une commotion cérébrale.

Photo fournie par la famille

La sauvage agression est survenue mercredi dernier sous les yeux d'un juge de la Cour d'appel, en pleine salle d'audience, alors que ne s'y trouvait aucun constable spécial. Mécontent de la décision que le juge François Doyon venait de rendre, l'homme, qui se représentait seul, a bondi sur ses deux adversaires dans le litige, qui étaient tranquillement assis au fond de la salle. Gaudreau les aurait roués de coups au point où l'un d'eux a failli perdre un oeil.

L'accusé était déjà en attente d'un procès pour une histoire de conduite avec facultés affaiblies causant des lésions corporelles. Il a aussi des antécédents violents qui remontent à 1997.

Lors de son enquête sur mise en liberté vendredi dernier, Gaudreau a témoigné qu'il se relevait d'une dépression majeure et qu'il acceptait de ne plus communiquer avec les victimes. Le juge s'est montré sensible à ces arguments.

«La probabilité de condamnation de l'accusé est forte puisque les faits se sont déroulés devant une greffière et un juge, ce dernier ayant donné une déclaration écrite à la police», a aussi indiqué le magistrat ce matin au moment de sa décision.

Gaudreau est inculpé de quatre chefs d'accusation de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions. Il est passible d'une peine maximale de dix ans de prison. Il reviendra en cour le 19 août.

Le litige civil entre Gaudreau et les deux victimes remonte à 2002. Gaudreau s'adressait à la Cour d'appel dans une ultime tentative d'éviter de se faire expulser d'un immeuble appartenant aux victimes à Sainte-Adèle.  Pendant des années, il a contesté son expulsion devant différentes instances. Le mois dernier, le juge Luc Lefebvre, de la Cour supérieure, lui a donné 20 jours pour récupérer ses effets personnels. Ce dernier  a même insisté sur le fait qu'il y avait eu tellement de décisions par le passé dans cette affaire que Gaudreau devait exécuter son jugement nonobstant l'appel.

C'était la dernière cause de la journée à la Cour d'appel, mercredi. Il était environ 18h50 lorsque le juge Doyon a rejeté la requête de Gaudreau. Le juge venait de prononcer sa dernière phrase quand l'homme se serait mis à insulter tout le monde. Il  aurait ensuite lancé une valise vers les victimes. Il se serait également servi d'un stylo pour les agresser - de là les accusations de voies de fait armées.

L'une des victimes, Maurice Tétreault, a croisé un constable spécial seulement après être parvenu à sortir de la salle pour appeler le 911, selon son témoignage.  Les victimes assurent pourtant avoir averti un constable à leur  arrivée au palais que Gaudreau était dangereux. De son côté le ministère de la Sécurité publique a indiqué qu'une évaluation de menace avait été effectuée pour Gaudreau, mais celle-ci s'était avérée négative. Un constable spécial est affecté à une salle d'audience en particulier seulement s'il y a un risque appréhendé pour la sécurité à la suite d'une évaluation de menace.




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