Bilan routier: le Québec s'améliore, Montréal stagne

Un accident entre deux voitures a fait deux... (Photo: Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Un accident entre deux voitures a fait deux mort sur la route 335 entre Saint-Lin-Laurentides et Sainte-Anne-des-Plaines, le 13 mai 2009.

Photo: Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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(Québec) La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a dévoilé mardi le bilan routier de 2009. Dans l'ensemble du Québec, on constate la troisième année consécutive d'amélioration. On compte 515 morts, soit 42 de moins que l'année précédente, et bien moins qu'en 2006, où 721 personnes avaient trouvé la mort. Cette année-là, à titre de moyen de pression dans leurs négociations avec le gouvernement, les agents de la Sûreté du Québec refusaient de donner des contraventions.

Par rapport aux quatre années précédentes, le nombre d'accidents mortels a diminué de 20% en 2009, a relevé mardi la ministre des Transports, Julie Boulet. Il faut remonter à 1947 pour trouver aussi peu de décès sur les routes. Depuis la création de la Société de l'assurance automobile, en 1978, les accidents mortels ont diminué de 71%.Sur le territoire montréalais, l'impact de l'ajout de 133 policiers municipaux affectés à la sécurité routière en 2006 paraît s'essouffler. Vingt piétons sont morts à Montréal l'an dernier, un de plus que l'année précédente. De 2004 à 2008, on avait pourtant assisté à une réduction de 20% du taux de mortalité.

Le nombre de personnes gravement accidentées est passé de 81 à 88, une augmentation de 8% en 2009, alors que, dans les quatre années antérieures, la baisse avait été de 41%. Les blessures légères ont diminué, elles, de 2%, à 1259 cas.

Du côté des cyclistes, les accidents avec blessures graves sont passés de 34 à 41 en 2009, une croissance de 20%.

Mais en cinq ans, Montréal présente tout de même la meilleure amélioration, tous types d'accidents confondus: il y a eu 1119 accidentés de moins en 2009 qu'en 2004.

Alcool

Dans le bilan provincial, quelques fausses notes. La proportion d'accidents mortels causés par l'alcool a augmenté, passant de 30 à 35%. On retrouve donc les taux des années 90. À ce sujet, Mme Boulet souligne que la baisse du taux légal d'alcool dans le sang de 0,08 à 0,05 mg permettra d'améliorer le bilan. «On parle d'une diminution de 8%, soit 40 vies sauvées», a indiqué la ministre.

L'alcool au volant cause 200 morts par année. Selon la ministre, il faudra que les automobilistes soient davantage conscients des risques d'être intercepté par la police. Les campagnes de promotion de la sécurité routière ont joué beaucoup dans l'amélioration du bilan. Mais même si le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, s'inquiète de la décision du gouvernement de réduire de 25% ses dépenses en publicité, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, ne prévoit pas d'exception pour la SAAQ, qui a dépensé 5,9 millions de dollars à ce chapitre en 2009.

Contrairement à Montréal, dans l'ensemble du Québec, le nombre de morts chez les piétons a diminué: il est passé de 78 à 68 en moyenne depuis cinq ans. Chez les motocyclistes, le progrès est plus notable. Les 42 décès de 2009 représentent une baisse de 7 morts par rapport à l'année précédente, mais un progrès important par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, qui est de 57.

Par groupe d'âge, les jeunes de 15 à 24 ans sont toujours surreprésentés - ils comptent pour 24% des victimes alors qu'ils ne forment que 10% des conducteurs.

Le nombre de conducteurs de camion tués dans un accident a pour sa part grimpé en flèche, passant de 9 à 20. La moyenne des 5 dernières années était de 15.

En tenant compte de la croissance du nombre des véhicules et des permis, le nombre de décès est passé à 6,6 pour 100 000 habitants, le meilleur résultat en 5 ans, où le taux a oscillé entre 7,2 et 9,4.

Selon M. De Koninck, les cibles établies par la Table québécoise de la sécurité routière ont été atteintes plus vite que prévu. «On souhaitait une réduction du nombre de décès de 30% en 5 ans; on a atteint 29% en 3 ans», a souligné le fondateur de l'Opération Nez rouge.

Radars photo

Par ailleurs, l'implantation de 15 radars photo sur le territoire québécois est un succès, estime Mme Boulet. Les excès de vitesse ont diminué de 63% et les grands excès de vitesse ont pratiquement disparu. Québec aura à décider s'il étendra le système à la fin de l'expérience pilote, en août prochain.

En France, où le nombre de morts sur les routes a diminué de 40%, on estime que les trois quarts de ce progrès sont liés à ces radars photo, explique la ministre Boulet.

L'amélioration du bilan routier a permis à la Société de l'assurance automobile du Québec d'économiser 300 millions de dollars. Mais le gouvernement ne sait pas encore s'il en fera bénéficier les automobilistes par une baisse du coût des permis ou des droits d'immatriculation.

 




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