Coupable d'avoir agressé sexuellement une déficiente intellectuelle

« Il est inconcevable que M. Daraîche n'ait pas réalisé... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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« Il est inconcevable que M. Daraîche n'ait pas réalisé que [la victime] souffre d'un handicap intellectuel important. La déficience intellectuelle moyenne de la plaignante saute aux yeux », a fait valoir notamment le juge Christian M. Tremblay dans sa décision.

Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

Valérie* s'accroche à sa doudou, les yeux rivés sur la télévision. Steve Daraîche la prend par les cheveux, lui arrache sa couverture et la viole dans le salon. Pendant près de deux mois, l'homme de 46 ans a agressé sexuellement une femme de 19 ans « manipulable et naïve » souffrant d'une déficience intellectuelle moyenne.

Steve Daraîche a été reconnu coupable le mois dernier d'avoir agressé sexuellement la jeune femme entre le 1er mai et le 22 juin 2017. Le juge Christian M. Tremblay n'a pas cru une seconde la version « nettement exagérée » de l'accusé qui disait ignorer totalement la déficience intellectuelle de la victime. Un véritable « aveuglement volontaire ! », s'exclame le juge dans sa décision.

« Il est inconcevable que M. Daraîche n'ait pas réalisé que [la victime] souffre d'un handicap intellectuel important. La déficience intellectuelle moyenne de la plaignante saute aux yeux. Elle a de la difficulté à s'exprimer ; elle ne sait ni compter, ni lire, ni écrire ; elle a beaucoup de difficulté à se situer dans le temps ; elle fréquente une école spécialisée. Elle ne travaille pas ; elle n'a aucun ami ; elle écoute la télévision avec sa "doudou" », énumère-t-il.

Steve Daraîche rencontre Valérie au printemps 2017 en effectuant à quelques reprises des réparations sur le véhicule de sa mère. Il tente de séduire la femme de 19 ans et lui demande de sortir avec lui. Un jour, il se rend chez elle à l'improviste, en l'absence de sa mère. Elle se sent obligée de lui ouvrir la porte compte tenu de son insistance. La jeune femme « confond facilement une demande et un ordre », note d'ailleurs le juge.

DES AGRESSIONS À RÉPÉTITION

Steve Daraîche agresse sexuellement Valérie une première fois et répète le même manège pendant plusieurs jours, sans jamais utiliser de condom. Chaque fois, la jeune déficiente refuse d'être touchée par son agresseur. Une fois, elle lui demande en pleurant d'arrêter, puisqu'elle a ses règles, mais il poursuit l'agression. Elle est « hors d'elle » à une autre occasion, alors qu'il tente une pénétration anale. Sa mère découvre finalement le pot aux roses.

Le témoignage de Valérie est « sincère » et projette « une candeur et une franchise apparentes », conclut le juge. Elle reconnaît avoir appelé l'accusé à quelques reprises. Néanmoins, ces appels ne signifient nullement qu'elle consentait aux rapports sexuels, selon le juge. « La plaignante est handicapée mentalement, faut-il le rappeler », écrit-il.

Steve Daraîche maintient pour sa part n'avoir jamais engagé les rapports sexuels. Il témoigne même avoir demandé la permission de la pénétrer à chaque occasion. « Cela est totalement irréaliste dans le contexte où l'accusé affirme qu'il n'avait pas réalisé que [la victime] avait un handicap. M. Daraîche nous dit que [la victime] est comme sa "blonde", mais il ignore tout d'elle. Ils ne vont même pas prendre une marche ensemble. Ils ne partagent aucun repas lorsqu'il est là. Leur relation n'est basée que sur le sexe », affirme le juge.

Au moment de commettre ses crimes, Steve Daraîche était soumis à une probation de trois ans imposée en 2016 dans le cadre d'une peine de deux ans de détention pour possession de pornographie juvénile.

Les observations sur la peine à imposer auront lieu le 4 octobre.

* Prénom fictif. Son identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

«« Il est inconcevable que M. Daraîche n'ait pas réalisé que [la victime] souffre d'un handicap intellectuel important. La déficience intellectuelle moyenne de la plaignante saute aux yeux. Elle a de la difficulté à s'exprimer ; elle ne sait ni compter, ni lire, ni écrire ; elle a beaucoup de difficulté à se situer dans le temps ; elle fréquente une école spécialisée. Elle ne travaille pas ; elle n'a aucun ami ; elle écoute la télévision avec sa "doudou". »

- Extrait de la décision du juge Christian M. Tremblay

Le témoignage de Valérie est « sincère » et projette « une candeur et une franchise apparentes », conclut le juge Christian M. Tremblay.»





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