Procès Djermane-Jamali: Sabrine ne savait rien, selon son avocat

El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane... (Photo déposée en Cour)

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El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane

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«Sabrine Djermane ne connaissait en rien le projet de bombe artisanale. Elle n'a jamais voulu aller rejoindre le [groupe armé] État islamique.»

Voilà la théorie de laquelle l'avocat de Sarine Djermane, accusée conjointement avec son amoureux El Mehdi Jamali de trois infractions terroristes, espère convaincre le jury.

Après trois mois d'audiences, le procès du jeune couple tire à sa fin au palais de justice de Montréal. L'avocat de l'ancienne étudiante en soins infirmiers, Me Charles Benmouyal, a entamé sa plaidoirie.

Son collègue Tiago Murias, avocat de M Jamali, a terminé deux jours d'exposés en fin d'avant-midi. La couronne avait fait entendre ses arguments la première. 

Me Benmouyal a souligné aux jurés la possibilité de tirer de la preuve plusieurs hypothèses. «L'innocence de Sabrine Djermane en est une», plaide-t-il.

Avant d'attaquer la fiabilité de certains témoins et de tenter de soulever des doutes quant au travail des policiers, l'avocat s'est penché sur ce qu'il a appelé un des «thèmes» de la poursuite.

«Une expression est revenue souvent, a-t-il souligné, celle de l'aventure commune [entre les deux accusés]. Il y a des projets conjoints qui ont existé entre ces deux adolescents, mais une aventure commune qui implique un attentat et le djihad n'en fait pas partie.»

Me Benmouyal a utilisé le témoignage au procès d'une connaissance de sa cliente pour dresser le portrait d'une jeune femme qui voulait se marier et qui vivait des tensions dans sa famille à cause de ce désir. Il a noté que Sabrine Djermane était curieuse et intéressée par la situation en Syrie, mais qu'elle a déclaré à la témoin être contre ce qui s'y passait.

Il a aussi souligné que la preuve de la couronne est circonstancielle et largement basée sur ce qui a été découvert dans des appareils informatiques. «Donne-moi ton disque dur et je te dirai qui tu es», a lâché l'avocat.

Selon lui, la jeune femme n'est «en rien concernée» par le projet de bombe artisanale. Rappelons que les policiers ont trouvé une recette d'engin explosif inspirée d'Al-Qaeda écrite de la main de El Mehdi Jamali au condo loué par le couple, ainsi que des ingrédients de ladite bombe avec une facture dans un sac Dollarama dans la chambre du garçon chez ses parents. Une cocotte minute neuve a été saisie dans un placard chez les parents de la jeune femme.

Charles Benmouyal a voulu démontrer les failles de la preuve liant sa cliente aux éléments de la bombe. Selon lui, c'est pour «sabriniser» cette bombe que la police a saisi l'autocuiseur chez ses parents ; parce qu'il «manquait quelque chose pour lier Sabrine à la bombe». Sa théorie, c'est que sa cliente ne connaissait même pas l'existence de la cocotte. Une autre cocotte, trouvée chez la famille Jamali, n'a pas été saisie.

L'avocat a noté que, bien que la recette de bombe se soit trouvée sur la table de chevet de Mme Djermane au condo, rien n'indique qu'elle en avait connaissance. Les feuilles étaient placées, a-t-il dit, dans un cartable «tout ce qu'il y a de plus drabe». «Un objet commun qui ne laisse aucunement présager de ce qui s'y trouve.»

La défense a ensuite invité le jury à se poser des questions sur ce que les policiers ont saisi, on non, lors de deux séries de perquisitions menées aux domiciles des accusés et de leurs parents.

Les policiers ont par exemple saisi des lumières de Noël, un cierge et du papier sablé lors d'une perquisition le 17 avril. «Pourquoi aucun de ces ingrédients n'a été saisi» le 14 avril lors de la première perquisition ?

Me Benmouyal est allé plus loin, soumettant aux jurés la possibilité que «la rigueur des différents intervenants à authentifier l'état des lieux [perquisitionnés] soit déficiente». Il faisait notamment référence aux nombreuses photos des perquisitions qui ont été déposées en preuve.

«Personne n'est en mesure d'offrir une image globale des lieux en toute objectivité. Souvent, les extracteurs de données informatiques précédaient les photographes.»

Le couple, qui n'a pas fait entendre de témoins, est accusé d'avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l'étranger, de possession d'une substance explosive dans un dessein dangereux et d'avoir commis un acte au profit ou sous la direction d'un groupe terroriste.

La plaidoirie du camp Djermane se poursuit demain.




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