«Il n'est pas au courant; il n'est pas dans ça», dit l'avocat de Tony Accurso

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Tony Accurso

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Laval

Tony Accurso n'était «pas au courant» d'un système de ristournes sur les contrats de construction qui a eu cours sous l'administration de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Il n'y a donc pas participé, a plaidé jeudi son avocat, Me Marc Labelle, qui a terminé sa plaidoirie au procès pour fraude et corruption de l'entrepreneur.

Me Labelle a soutenu que M. Accurso dirigeait de si grandes entreprises qu'il ne pouvait s'occuper lui-même de la gestion quotidienne et de l'octroi des contrats de construction.

«Il n'est pas au courant; il n'est pas dans ça», a martelé l'avocat, en s'adressant au jury.

En fin de journée, il a même comparé M. Accurso au «premier ministre» qui ne peut pas être «au courant de tout ce qui se passe dans les ministères».

Il a fait valoir que M. Accurso déléguait la gestion quotidienne de ses entreprises concernées, Simard-Beaudry et Louisbourg, à ses présidents Frank Minicucci et Joe Molluso, et que des estimateurs étaient payés à temps plein pour faire des soumissions pour les contrats.

Lourdement, l'avocat a répété trois fois au jury: «vous êtes la seule protection, la seule, qu'un citoyen a contre le tribunal de l'opinion publique», le rempart entre le citoyen et l'État.

Me Labelle s'est longuement attardé à miner la crédibilité des témoins qui ont été entendus, en traitant plusieurs de «contractuels» qui ont obtenu l'immunité, après avoir signé une entente avec les autorités en échange de leur témoignage.

Il a aussi parlé au jury de témoins qui ont «des squelettes dans leur placard», qui ont «des antécédents de malhonnêteté» et qu'il faut donc «prendre avec des pincettes».

Il a aussi voulu marquer des points, en soulignant aux jurés que la poursuite n'avait pas fait témoigner certains témoins importants, comme Gilles Vaillancourt.

Il a soutenu qu'un seul témoin, le collecteur de fonds Marc Gendron, avait directement lié M. Accurso au système de ristournes, en affirmant que l'entrepreneur lui avait remis une somme de 200 000 $ dans un stationnement.

Or, M. Gendron, «c'est un contractuel», a lancé l'avocat. Et «il ment parce qu'il ne veut pas aller en prison».

Comme M. Accurso a nié avoir versé toute ristourne, l'un des deux hommes ment, a conclu l'avocat. Et «pour quelle raison mettriez-vous de côté le témoignage de M. Accurso?» a-t-il demandé aux jurés.

Il a conclu sa plaidoirie en fin de journée en affirmant que «la preuve n'est pas une preuve hors de tout doute raisonnable». Elle n'est «pas solide, pas suffisante pour asseoir un verdict de culpabilité» contre Antonio Accurso.

Vendredi, ce sera au tour du procureur de la poursuite, Me Richard Rougeau, de faire sa plaidoirie.

Antonio Accurso fait face à des accusations de fraude, corruption de fonctionnaires, abus de confiance et complot, dans le cadre d'un système de partage des contrats et de paiement de ristournes sur ces contrats au parti de l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.




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