Le procès de l'ancien grand patron de la SQ Richard Deschesnes reprend

Richard Deschesnes... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Richard Deschesnes

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C'est en entendant par hasard la voix du directeur adjoint Steven Chabot dans le corridor de la direction des finances au quartier général de la Sûreté du Québec (SQ) qu'un lanceur d'alerte a levé le voile sur l'utilisation suspecte par trois hauts dirigeants de la SQ du Fonds de dépenses secrètes d'opérations en 2010.

« Aucun membre de l'état-major ne se déplace aux finances. Ç'a suscité ma curiosité », a raconté hier le témoin-clé de la Couronne au procès pour fraude, vol et abus de confiance de l'ancien grand patron de la SQ Richard Deschesnes et des ex-directeurs adjoints Steven Chabot et Alfred Tremblay. L'identité du lanceur d'alerte est protégée par une ordonnance de la cour. Le procès s'est amorcé en avril dernier, mais a repris hier après six mois de pause.

Le 17 mars 2010, Steven Chabot se rend au 10e étage du QG de la SQ à Montréal pour prendre une enveloppe contenant les deux chèques au coeur du procès. Intrigué par la présence du responsable des enquêtes de la SQ à son étage, le témoin obtient une photocopie des chèques. Celui de Steven Chabot s'élève à 167 931 $, alors que l'autre chèque, d'une somme similaire, est destiné à son collègue de l'état-major, Alfred Tremblay.

« J'en ai déduit que c'était un package pour le départ [à la retraite] de ces gens-là. Le montant reflétait sensiblement le salaire annuel de chacun d'eux », a expliqué le lanceur d'alerte dont l'identité est protégée par une ordonnance de la cour.

Il était alors bien connu que les deux hommes s'apprêtaient à prendre leur retraite. Ces sommes provenaient du fonds secret de la SQ, un fonds discrétionnaire confidentiel utilisé pour payer certaines dépenses d'enquêtes criminelles, comme le paiement d'un informateur.

Le lanceur d'alerte prévient aussitôt son supérieur. Le directeur général de l'époque, Richard Deschesnes, est alors mis au courant, mais indique à ces subalternes que ces dépenses ont été autorisées. Selon la thèse de la Couronne, les trois accusés ont utilisé le fonds secret pour éviter toute reddition de comptes sachant que ces dépenses extraordinaires n'auraient pas été autorisées par le Conseil du trésor.

Enquête criminelle

L'affaire reste sans suite pendant des mois. Puis, en octobre 2012, Mario Laprise remplace Richard Deschênes à la tête de la SQ. Le nouveau grand patron apprend le jour même que son prédécesseur a autorisé le versement de sommes importantes à ses deux anciens bras droits Steven Chabot et Alfred Tremblay, pour leur départ à la retraite. Une enquête criminelle est rapidement lancée par Mario Laprise, qui témoignera bientôt dans le procès.

Dans la foulée, le lanceur d'alerte informe la nouvelle haute direction que le consultant en relations de travail Denis Depelteau travaille toujours pour la SQ, sans être payé normalement. Cet ex-cadre du corps policier pilotait depuis des années les négociations patronales avec le syndicat. Or, son contrat n'avait pas pu être renouvelé en raison d'un litige avec le fisc.

Dans le procès pour fraude, vol et abus de confiance de l'ex-directeur adjoint Jean Audette, qui se déroule en parallèle au palais de justice de Montréal, Richard Deschesnes a admis le mois dernier avoir autorisé des paiements à Denis Depelteau à même le fonds des dépenses spéciales d'opérations.

« Il y a une décision à prendre, c'est une décision du directeur général, je suis le directeur général [à cette époque]. Monsieur le juge, j'ai pris la décision », avait déclaré M. Deschesnes à la cour. Précisons que Richard Deschesnes ne fait face à aucune accusation pour les sommes versées à Denis Depelteau.

Le témoin poursuit son témoignage demain.




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