Procès pour meurtre non prémédité: «On m'a juste tiré dessus et on a tué mon chum !»

Mathieu Lauzon a frôlé la mort, le 29 mai... (Photo André Pichette, La Presse)

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Mathieu Lauzon a frôlé la mort, le 29 mai 2014, à Montréal. Il a reçu deux balles dans les côtes et sur la tempe. Son ami, Marc-André Masson, a eu moins de chance, atteint à la tête.

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Une arme « comme dans James Bond », quatre balles tirées en plein jour près d'un parc rempli d'enfants, une balle perdue retrouvée dans une cuisine : une simple transaction de pilules de 1500 $ s'est conclue par un mort et un blessé grave, le 29 mai 2014, à Montréal. Le survivant de ce bain de sang a livré un récit percutant hier au procès pour meurtre non prémédité de James Brathwaite Lee.

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James Brathwaite Lee

Photo La Presse

Mathieu Lauzon a frôlé la mort ce jour-là. Il a reçu deux balles dans les côtes et sur la tempe. Son ami, Marc-André Masson, a eu moins de chance, atteint à la tête. « J'ai offert l'argent [à Brathwaite], mais on m'a juste tiré dessus et on a tué mon chum ! », a ragé l'homme de 27 ans, premier témoin de la Couronne.

À l'époque, Mathieu Lauzon a un prolifique commerce de « comprimés énergétiques », de fausses pilules de speed contenant du guarana et de la caféine. Un dénommé Bruce le fournit en pilules. Le 29 mai 2014, vers 17 h 30, il est accompagné de son ami, chauffeur et partenaire Marc-André Masson. Mais pour la première fois, Bruce insiste pour qu'un nouvel intermédiaire fasse la transaction : James Brathwaite Lee. Quelque chose cloche.

James Brathwaite Lee entre dans la voiture, à l'arrière du conducteur. Il tend le sac au témoin. Or, il n'y a pas assez de pilules, selon Lauzon, qui remet le sac à Brathwaite. Il décide finalement d'acheter les comprimés. « J'ai entendu l'arme se charger, je me suis retourné, j'avais l'arme dans la face ! Il m'a crié : "Donne-moi tout ton argent !" », raconte le témoin.

Un premier coup de feu détonne et atteint Lauzon aux côtes. Puis, une deuxième balle lui frôle la tempe. « Le sang a éclaté partout dans le véhicule. J'ai paniqué. En sortant, il a tiré Marc-André Masson, je l'ai entendu, mais je ne l'ai pas vu. Il est sorti du véhicule, on était proche d'un parc, il y avait des enfants. Il a tiré une balle vers moi et je me suis écroulé », lâche d'un trait Mathieu Lauzon.

Il a été retrouvé, gravement blessé, sur la 54e Avenue, devant le parc de Sienne. La quatrième balle s'est retrouvée dans la cuisine d'un citoyen.

«Je ne m'appelle pas Superman»

En contre-interrogatoire, l'avocat de la défense Charles Montpetit a insisté sur les contradictions entre le témoignage du témoin et sa déclaration sous serment réalisée le lendemain de l'agression. « J'étais sous morphine et je venais de manger deux balles dans le corps ! Je sortais d'une opération de six heures ! », a lancé Mathieu Lauzon, bouillant.

Me Montpetit a également suggéré que le témoin avait « sauté » sur James Brathwaite Lee à un certain moment. « Votre suggestion est très fausse ! a tranché Mathieu Lauzon. Je viens de manger une balle, j'ai peur pour ma vie, je n'irais pas sauter dans la face d'un gars pour essayer de le désarmer, c'est sûr et certain ! J'ai peut-être l'air gros, 6 pieds et 240 lb, mais je suis un osti de moumoune. Je ne m'appelle pas Superman... je m'appelle Mathieu Lauzon, je suis un humain et j'ai un chum qui est mort. »

Son contre-interrogatoire se poursuit aujourd'hui.




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