Randy Tshilumba souffre d'un «trouble délirant», selon un psychiatre

Selon le Dr Louis Morissette, Randy Tshilumba se sentait... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Selon le Dr Louis Morissette, Randy Tshilumba se sentait véritablement en danger avant de tuer Clémence Beaulieu-Patry. « Cette fausse croyance perturbait son jugement, interférait avec sa capacité habituelle de respecter les normes sociales », a-t-il dit.

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Au moment de poignarder sauvagement Clémence Beaulieu-Patry dans un supermarché Maxi de Montréal en avril 2016, Randy Tshilumba souffrait d'un « trouble délirant », une « pathologie mentale grave » qui l'empêchait de distinguer le bien et le mal, a témoigné hier le psychiatre-expert de la défense, le Dr Louis Morissette.

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Randy Tshilumba

Photo déposée en preuve

L'homme de 21 ans, accusé de meurtre prémédité, croyait agir de façon « correcte » et « appropriée » en tuant la jeune femme.

Randy Tshilumba souffre de la forme « persécutoire » d'un « trouble délirant », a conclu le Dr Morissette après avoir rencontré à quatre reprises l'accusé pour établir son diagnostic. Ce dernier était persuadé depuis l'automne 2014 que la victime et ses quatre meilleures amies lui voulaient du mal. « Différents incidents et "hasards" lui faisaient croire à un tel complot », soutient le médecin dans son rapport psychiatrique.

Pour les personnes qui souffrent de cette pathologie, « le hasard n'existe pas », a-t-il expliqué dans son témoignage. Ainsi, Randy Tshilumba établissait un « lien pathologique » entre des messages anonymes sur Facebook et les menaces de ses persécuteurs. Il avait par exemple conclu être suivi par ces cinq femmes parce qu'il avait croisé par hasard certaines d'entre elles. Ce délire de persécution n'apparaît jamais « du jour au lendemain », mais s'installe plutôt graduellement, précise le psychiatre.

« Le complot était de plus en plus sérieux » pour l'accusé, ajoute le psychiatre. Le 10 avril 2016, Randy Tshilumba a poignardé une dizaine de fois Clémence Beaulieu-Patry dans le supermarché Maxi où elle travaillait, avant de prendre la fuite pour se cacher dans un Tim Hortons. L'accusé a témoigné avoir été convaincu que la femme de 20 ans avait un « gun » dans ses poches et s'apprêtait à tirer sur les clients et sur lui. Or, aucune arme à feu n'a été retrouvée.

Jugement «perturbé»

Selon le Dr Morissette, Randy Tshilumba se sentait véritablement en danger avant de tuer Clémence Beaulieu-Patry. « Cette fausse croyance perturbait son jugement, interférait avec sa capacité habituelle de respecter les normes sociales. Dans sa perspective, en raison de ses croyances délirantes, il a agi de façon "correcte" et "appropriée" », soutient le psychiatre dans son rapport.

L'accusé ne souffre d'aucune autre pathologie psychiatrique, précise-t-il. Il n'a aucune hallucination et son comportement n'est pas « bizarre » ou « désorganisé ». Pour diagnostiquer une schizophrénie, par exemple, une personne doit avoir une « nette détérioration » de son fonctionnement sur une longue période.

Selon la thèse de la Couronne, Randy Tshilumba a planifié de tuer Clémence Beaulieu-Patry en avril 2016, en se rendant au Maxi, un long couteau dans les poches et des vêtements de rechange dans son sac à dos. Il s'était caché pendant des heures dans les toilettes du Tim Hortons pour fuir les policiers, et non pour se cacher des amies de Clémence, maintient la Couronne. Le témoignage du psychiatre se poursuit aujourd'hui.




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