Le chef du «gang de l'âge d'or» condamné à dix ans et demi

Bruno Varin... (Photo fournie par le SPVM)

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Bruno Varin

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Daniel Renaud
La Presse

Bruno Varin, 70 ans, arrêté en mai 2014 dans le démantèlement d'un réseau de trafic de cocaïne surnommé par certains médias «le gang de l'âge d'or», a été condamné à dix ans et demi de pénitencier, ce midi, au Palais de justice de Montréal.

Juste auparavant, Varin a plaidé coupable à des accusations de gangstérisme, trafic et possession de cocaïne dans un but de trafic, importation et complot pour importation de cocaïne, et enfin possession d'armes prohibées.

Bruno Varin est détenu depuis son arrestation. En soustrayant la détention préventive - qui est calculée en temps et demi -, il lui reste donc un peu moins de cinq ans et neuf mois de pénitencier à purger. La peine pour le seul chef de gangstérisme est de 20 mois.

En contrepartie, d'autres chefs auxquels il faisait face ont été abandonnés. Sa femme, qui était également accusée dans cette affaire, a été acquittée, la procureure de la Poursuite Me Katerine Brabant annonçant qu'elle n'avait plus de preuve à offrir.

Dans des distributrices à bière

Varin a été arrêté en compagnie de 42 individus dans une enquête des Produits de la criminalité du SPVM baptisée Loupe et visant un réseau d'importateurs, de distributeurs et de vendeurs de cocaïne présents notamment dans le sud-ouest de l'île de Montréal, et ayant parmi leurs clients des individus liés à d'importantes organisations criminelles.

Selon un résumé des faits lu par Me Brabant, l'organisation, qui était dirigée par Varin, distribuait la cocaïne au kilo et a eu comme projet d'importer au Canada 1200 kilos de cette drogue au début de 2014.

L'organisation avait un entrepôt dans l'arrondissement LaSalle où les kilos de cocaïne étaient cachés dans des machines distributrices de bière. Varin était l'une des quatre seules personnes à avoir la clé et s'y est rendu environ 70 fois durant l'enquête. Les enquêteurs, qui avaient posé des caméras et des micros dans l'entrepôt, ont vu Varin manipuler, transporter, vérifier la qualité de la drogue et compter de l'argent. Ils l'ont également entendu parler de drogue et dire à un interlocuteur qu'il était dans le crime depuis 50 ans. Ils l'ont aussi observé livrer lui même de la cocaïne à des clients de son réseau.

Varin possédait deux véhicules dans lesquels des caches avaient été aménagées. Dans ces caches, les policiers ont découvert de la drogue et de l'argent lors de perquisitions fantômes.

50 kg par semaine

Quant au projet d'importation de 1200 kilos de cocaïne, il devait se faire sur une période de 24 semaines en 2014, à raison de 50 kilos par semaine. Un chauffeur prenait la drogue à Miami en Floride et la transportait jusqu'à Burlington, Vermont. Un autre allait la chercher à Burlington et l'amenait dans la région de Montréal. Une première importation de 50 kilos a réussi mais une seconde, de 123 kg celle-là, a été interceptée aux douanes canadiennes à Sarnia, Ontario en mai 2014, quelques jours avant l'opération Loupe.

Varin possède deux maisons, une à Venise-en-Québec, où il recevait mêmes des clients, et l'autre dans Verdun. Dans ses résidences, les enquêteurs ont retrouvé des stupéfiants, de l'argent, des toiles volées et sept armes prohibées.

La sentence de dix ans et demi est une suggestion commune de la Poursuite et de la Défense entérinée par le juge Thierry Nadon de la Cour du Québec. Me Brabant a déclaré que la sentence tient compte de l'implication de l'accusé mais également du fait que son plaidoyer permet d'éviter un long procès.

«M. Varin a 70 ans. Il est physiquement fatigué. Je pense que cette sentence, tout en n'étant pas exemplaire pour certains, est une sentence sévère et adéquate», a renchéri pour sa part Me Claude Olivier de la Défense.

Il reste encore à trancher les questions de la confiscation des biens de Varin et du prélèvement d'ADN. Ces questions ont été reportées au 7 septembre prochain.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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