Westmount versera 2,5 millions aux victimes d'un ex-entraîneur de hockey

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John Garland a été employé de la Ville de Westmount de 1953 à 1987. Il est mort en 2012.

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Un triste chapitre de l'histoire de Westmount s'écrit aujourd'hui. Pendant une trentaine d'années, jusqu'aux années 80, John Garland, un entraîneur de hockey de Westmount, a agressé sexuellement certains de ses joueurs. Une demande en recours collectif a été déposée il y a deux ans, et Westmount a accepté de dédommager les victimes de Garland, qui ont trois mois à partir d'aujourd'hui pour se manifester.

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La Ville de Westmount a prévu verser une somme de 2,5 millions aux victimes de John Garland.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

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Matthew Bissonnette juge très honorable que Westmount ait choisi d'accepter de faire une entente à l'amiable plutôt que de s'embarquer dans un procès.

photo tirée de Twitter

« John Garland ciblait un ou deux joueurs par année et les invitait chez lui », explique Matthew Bissonnette, qui a été victime de l'entraîneur entre les âges de 12 et de 14 ans et qui est à l'origine de l'entente avec Westmount. « C'était connu parmi les joueurs, on appelait les victimes "Johnny's Pets". Quand j'étais étudiant en droit, en 1993, j'ai porté plainte à la police, mais ça n'a mené nulle part. J'ai eu le sentiment qu'on considérait que j'étais un menteur. Ensuite, je suis parti à Hollywood, où je suis réalisateur. Quand j'ai eu un enfant, je suis devenu sobre et j'ai fait une thérapie. J'ai compris qu'il fallait que je fasse quelque chose. »

M. Bissonnette, qui a 51 ans, a demandé l'aide d'Alexander Pless, un ami d'enfance devenu avocat à Montréal, qui a trouvé un cabinet d'avocats prêt à prendre le dossier. « Malheureusement, le jour où nous devions déposer ma plainte, en 2012, John Garland est mort, dit M. Bissonnette. Après, on a cherché une firme qui serait disposée à déposer une demande en recours collectif. Mais les sommes qui sont décernées pour des agressions sexuelles sont tellement faibles au Canada que personne ne voulait prendre le dossier. Finalement, Alexander a trouvé André Lespérance, qui a accepté de s'occuper du cas de John Garland. »

Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, John Garland a été employé de la Ville de Westmount de 1953 à 1987. Il ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfants. Lorsque l'entente a été annoncée en janvier, la Gazette a rapporté qu'un septuagénaire avait envoyé une description écrite des sévices dont il avait été victime dans les années 50. L'entente a été approuvée par un juge en mai, et le délai d'appel se termine aujourd'hui. Le cabinet Trudel Johnson & Lespérance gère le dossier.

À L'AMIABLE

Matthew Bissonnette juge très honorable que Westmount ait choisi d'accepter de faire une entente à l'amiable plutôt que de s'embarquer dans un procès. « C'est un exemple de la manière dont ces cas doivent être traités. »

Le dépôt de la demande en recours collectif, en juin 2015, a été « une grande surprise pour l'administration », dit Martin St-Jean, directeur des services juridiques et greffier de la Ville de Westmount. « Plutôt que de se braquer et d'embaucher des avocats en litige, Westmount s'est intéressé pour voir si les allégations étaient fondées prima facie. On ne pouvait pas, de notre point de vue, traiter ces allégations seulement comme une question pécuniaire parce que c'est une question sociale avec des impacts psychologiques de grande sensibilité. »

Westmount a fait enquête pendant six ou sept mois à partir d'octobre 2015. 

« On a conclu qu'il y avait vraisemblablement eu des agressions sexuelles commises par M. Garland. Westmount a accepté sa responsabilité pas parce qu'elle savait à l'époque ce qui se passait, mais parce que M. Garland était son employé. » - Martin St-Jean, de la Ville de Westmount

« En termes juridiques, on appelle ça "responsabilité du fait d'autrui". C'est comme un ado de 16 ans qui fait des dommages de 100 000 $, 150 000 $. Les parents sont responsables », poursuit M. St-Jean.

Westmount a aussi accepté de consacrer un jardin aux victimes. L'entente prévoit que si plus de 25 victimes se manifestent, le maximum de 2,5 millions en compensations sera renégocié.

Les demandes pour recours collectif sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis parce qu'un jugement de 1976 de la Cour suprême limite le maximum des dommages moraux à une somme de 400 000 $ en dollars d'aujourd'hui. « Pour les agressions sexuelles, c'est difficile d'aller à plus de 100 000 $ selon la jurisprudence, dit Me Lespérance. Supposons qu'un défendeur conteste le recours, s'il y a une vingtaine de personnes agressées, on parle de 2 à 2,5 millions. Si le bureau garde 25 % de cette somme, ça ne couvre pas 10 ans de procès. Hier, j'ai eu une proposition pour un recours touchant 2000 personnes, pour des dommages de 175 $ par personne. Ce n'est pas viable. Sans aller aux excès américains, on pourrait augmenter ça au Canada. »

Les sommes que déboursera Westmount seront-elles payées par les contribuables ? « Le montant de 2,5 millions prévu au règlement sera versé par la Ville, dit Me St-Jean. Par la suite, lorsque les réclamations auront été reçues et traitées conformément à l'entente intervenue, les différents assureurs de la Ville indemniseront cette dernière en fonction des polices en vigueur à différentes périodes données durant la période visée par le règlement. »




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