Faubourg Contrecoeur: Zampino était l'homme de la situation, assure Gérald Tremblay

L'ex-maire Gérald Tremblay a témoigné au procès de... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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L'ex-maire Gérald Tremblay a témoigné au procès de son ancien bras droit, Frank Zampino, hier, à Montréal.

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Avec la crise du logement qui sévissait au tournant des années 2000, des milliers de Montréalais réclamaient des logements sociaux. C'est dans ce contexte que le projet du Faubourg Contrecoeur s'est concrétisé. Et le meilleur à la Ville pour coordonner ce projet complexe, c'était le président du comité exécutif, Frank Zampino.

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Frank Zampino est jugé avec cinq autres personnes, dont l'entrepreneur Paolo Catania, pour une fraude alléguée dans la vente du terrain qui allait accueillir le Faubourg Contrecoeur.

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C'est ce qui se dégage du témoignage que l'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay a livré, hier, au procès de son ancien bras droit Frank Zampino. Ce dernier est jugé avec cinq autres personnes, dont l'entrepreneur Paolo Catania, pour une fraude alléguée dans la vente du terrain qui allait accueillir le Faubourg Contrecoeur. L'entrepreneur aurait acquis le terrain pour une fraction de sa valeur, en raison de coûts de décontamination qui auraient été gonflés. Les faits reprochés se seraient produits entre 2004 et 2008.

M. Tremblay a été élu maire de Montréal en 2001, et il l'est resté jusqu'en 2012. M. Zampino a été président du comité exécutif pendant la même période. La mise en valeur du vaste terrain dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve était devenue un engagement électoral en 2005, a fait valoir M. Tremblay. « C'était une volonté de l'arrondissement de réaliser ce projet-là, qui était sur la table à dessin depuis des années. Le plus apte pour coordonner ce projet, c'était Frank Zampino. À cause de sa compétence, et de son ascendance. J'avais le droit de donner des mandats spéciaux », a expliqué M. Tremblay.

À LA RETRAITE

Au début de son témoignage, M. Tremblay, 74 ans, s'est décrit comme un avocat à la retraite. Il a raconté dans quelles circonstances il avait été amené à se présenter à la mairie de Montréal. Il trouvait qu'il y avait « un déficit démocratique très important à Montréal ». En octobre 2002, moins d'un an après avoir été élu, il s'est départi de son chef de cabinet, Martial Filion, parce que ce dernier avait un problème d'alcool. M. Filion voulait un poste dans un organisme paramunicipal. M. Tremblay en a parlé à M. Zampino. C'est ainsi que, sur recommandation, M. Filion est devenu directeur de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM).

M. Filion figurait aussi sur la liste des accusés au départ, mais il est mort avant d'être jugé. Un autre accusé, Bernard Trépanier, qui était collecteur de fonds pour le parti Union Montréal, aura un procès à part, en raison de son mauvais état de santé actuellement.

Lors de son témoignage, hier, M. Tremblay a dit qu'à l'époque, il ne connaissait pas l'entrepreneur Catania. Ce dernier assistait sûrement aux cocktails de financement du parti Union Montréal, mais M. Tremblay ne l'avait pas particulièrement remarqué. « Il y avait 200 personnes. J'étais à la porte, je serrais des mains, je faisais un discours de dix minutes et je repartais », a illustré M. Tremblay.

« Si je lui ai parlé, c'est : "bonjour, merci d'être venu nous encourager" », a-t-il dit.

M. Tremblay a toutefois remarqué que le collecteur de fonds Trépanier attendait souvent non loin du bureau du comité exécutif à l'hôtel de ville. « Je trouvais inacceptable une relation de proximité aussi importante avec le président du comité exécutif de la Ville de Montréal », a-t-il résumé. À un certain moment, M. Tremblay dit avoir appris que M. Trépanier avait sollicité 1 million de dollars à un cabinet d'avocats pour un projet immobilier qui n'était pas le Faubourg Contrecoeur. « J'ai fait les vérifications nécessaires et demandé à ce que M. Trépanier quitte ses fonctions », a raconté M. Tremblay. L'ex-maire dit avoir trouvé inacceptable que deux bénévoles d'Union Montréal aient siégé au comité de sélection pour la vente du terrain.

L'ex-maire a également parlé de la fusion de la SHDM avec la Société de développement de Montréal (SDM), dans un but d'économie. 

Me Isabel Shurman, qui représente M. Zampino dans ce procès, a contre-interrogé le témoin Tremblay pendant la majeure partie de la journée, hier, et elle continuera aujourd'hui. Le juge Yvan Poulin préside ce procès. Au banc des accusés, on retrouve M. Zampino, M. Catania, son entreprise (Construction Frank Catania) de même que quatre de ses employés.




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