Accusé de meurtre à 18 ans: la défense plaide pour l'homicide involontaire

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Jonathan Mahautière

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Jonathan Mahautière avait à peine 18 ans quand il a étranglé sa conjointe de 17 ans, qui venait de rompre avec lui. La défense espère un verdict d'homicide involontaire pour ce geste qui, selon elle, découle des nombreux problèmes qui affectent l'accusé depuis son tout jeune âge, dont le trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH.)

«Il a agi sous le coup de l'impulsion, il a perdu le contrôle. Il a étranglé son premier amour sans avoir eu l'intention spécifique de tuer», a fait valoir l'avocat de la défense Clemente Monterosso, jeudi, alors que le procès en était à l'étape des plaidoiries.

Le drame est survenu le soir du 7 juin 2014, dans une chambre du motel Chablis, dans l'est de Montréal. Jonathan et Gabrielle Dufresne-Élie s'y retrouvaient pour la dernière fois, puisque la jeune fille avait rompu avec lui, après une relation de deux ans. Ce soir là, elle a accepté d'aller au motel, mais lui a dit de ne pas se faire d'attente. Ils ont bu un peu d'alcool, eu une relation sexuelle, ont écouté de la musique et discuté. À un certain moment, le jeune homme l'a étranglée.

Contrôle

Pendant le procès, les jurés ont appris que la jeune victime était devenue enceinte de l'accusé pendant leur relation, et qu'elle s'était fait avorter quelques mois avant le drame. Au procès, Mahautière a raconté avoir perdu le contrôle le soir du drame, quand Gabrielle lui a dit qu'elle ne voulait pas avoir d'enfant avec quelqu'un comme lui, avec autant de problèmes. «Cela lui a rappelé sa mère, qui lui disait qu'elle se serait fait avorter, si elle avait su qu'il aurait autant de problèmes», a résumé Me Monterosso.

L'avocat a insisté sur le passé difficile de l'accusé, qui a été élevé par son père et sa belle-mère. Sa mère biologique l'a abandonné jeune. «Je ne suis pas docteur, mais je pense qu'elle était bipolaire», a relaté l'accusé, lors de son témoignage. En ce qui le concerne lui, il a démontré très jeune de gros problèmes de comportement, liés semble-t-il, au TDAH. On a aussi pensé pendant un certain temps qu'il avait le syndrome Gilles de la Tourette, qu'il était épileptique... Il a été suivi en psychiatrie et médicamenté de l'âge de cinq ans à 14 ans. Il prenait notamment du Ritalin et du Risperdal. Il a eu des problèmes dans toutes les sphères de sa vie», a fait valoir Me Monterosso.

Le jeune Mahautière ne réussissait pas à l'école et il a été expulsé plusieurs fois. Il était violent avec les professeurs et les élèves, n'avait pas d'amis, a fait rire de lui...

À 14 ans, voulant être comme tout le monde, et parce qu'il avait honte d'être différent, il a malheureusement cessé de prendre ses médicaments, a soutenu l'avocat.

Aujourd'hui, le jeune homme est jugé sous une accusation de meurtre non prémédité. Me Monterosso a invité les jurés à le déclarer plutôt coupable d'homicide involontaire.

La procureure de la poursuite Genevière Dagenais plaidera cet après-midi.




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