Raynald Desjardins condamné à 14 ans de pénitencier

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Raynald Desjardins

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Daniel Renaud
La Presse

Raynald Desjardins a été condamné ce matin à une sentence de 14 ans de pénitencier, lui qui a plaidé coupable l'an dernier relativement au complot pour le meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna commis à Charlemagne le 24 novembre 2011.

Le juge André Vincent de la Cour supérieure a ainsi entériné la suggestion commune de la poursuite et de la défense. En soustrayant toutefois la détention préventive, il restera 6 ans et demi à Desjardins à purger. Il a 63 ans.

Desjardins a aussi été condamné à trois ans pour possession d'un pistolet Glock 9 mm chargé trouvé dans son salon le jour de son arrestation, mais cette peine est concurrente, le juge Vincent la fixant de ce jour symboliquement à une journée de prison.

Raynald Desjardins sera admissible à la libération conditionnelle au sixième de sa peine restante, soit dans un peu plus de deux ans. Il serait toutefois surprenant qu'il en fasse la demande ou qu'elle lui soit accordée à une première tentative. Il obtiendra sa libération d'office aux deux tiers de sa peine - dans un peu plus de quatre ans -, mais les commissaires aux libérations conditionnelles pourraient alors lui imposer des conditions spéciales, allant jusqu'à lui imposer la maison de transition.

Preuve technique

Dans cette affaire, l'essentiel de la preuve reposait sur l'interception, par la Gendarmerie royale du Canada, des messages que se sont échangés le caïd et une huitaine de ses complices sur leurs appareils BlackBerry dans les semaines précédant le meurtre de Montagna. Les enquêteurs de la GRC ont capté ces messages alors qu'ils étaient occupés sur une importante enquête de trafic de stupéfiants baptisée Clemenza et visant les clans de la mafia qui avaient pris de l'importance à la suite de l'arrestation des lieutenants du clan Rizzuto lors de l'opération Colisée en 2006.

Depuis le plaidoyer de Raynald Desjardins pour complot de meurtre l'an dernier, sa sentence a fait l'objet d'intenses négociations entre la poursuite et la défense, et de nombreux reports.

Pour tester la légalité des interceptions, les complices de Desjardins avaient présenté une requête de divulgation qui s'est rendue jusqu'en Cour d'appel.

Mais le jour où la requête devait être débattue, ils se sont entendus avec la poursuite et ont également plaidé coupable à un chef réduit de complot.

Le fait que la poursuite ne voulait visiblement pas dévoiler la façon dont les utilisateurs des BlackBerry ont été identifiés et leurs messages interceptés a vraisemblablement aidé la cause de Raynald Desjardins, qui a vu son accusation passer de meurtre à complot pour meurtre, et obtenu une sentence moins lourde.

«Avec ce plaidoyer, on évite une longue enquête préliminaire et un procès devant jury. La preuve était très technique. On parle d'un volume de preuve considérable, de milliers de communications BlackBerry, de la difficulté de faire la preuve de l'identité des auteurs de ces communications. C'est un défi qu'on croyait être en mesure de relever, mais avec ce plaidoyer, il y avait quand même une assurance pour la poursuite de mener cette procédure-là à terme avec un résultat qui sert l'intérêt public», a expliqué le procureur fédéral de la poursuite, Me Alexis Gauthier.

«Mon client prend cette sentence-là avec un certain soulagement. Les accusations originales impliquaient, s'il était reconnu coupable, une peine d'emprisonnement à perpétuité», a pour sa part déclaré l'avocat de Desjardins, Me Marc Labelle.

Selon la police, Raynald Desjardins, son jeune protégé Vittorio Mirarchi, Giuseppe De Vito, assassiné en 2013, Salvatore Montagna et d'autres chefs de clan de la mafia montréalaise ont formé une alliance pour renverser les Rizzuto en 2009, mais un conflit a éclaté entre eux en 2011. 

Le 16 septembre de la même année, Raynald Desjardins a été la cible d'une spectaculaire tentative de meurtre à Laval. Il a cru que c'est Montagna qui avait commandé cette attaque alors que la police croit que l'attentat a été commis par le clan des Siciliens qui avait amorcé sa réplique. 

Cela fera cinq ans, demain, que Desjardins a été arrêté. 

Le prononcé de la sentence des coaccusés de Raynald Desjardins, dont Vittorio Mirarchi, est prévu pour demain à Laval, mais il se peut que cela soit encore reporté.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca ou à l'adresse postale de La Presse.




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