Ouverture du procès d'un présumé contractant pour la mafia

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Arsène Mompoint traîne un long passé criminel en matière de vol qualifié, séquestration, possession d'armes et autres.

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Daniel Renaud
La Presse

Un individu influent lié aux gangs de rue et qui aurait fait des contrats pour la mafia aurait été impliqué dans le trafic de stupéfiants à grande échelle et aurait voulu prendre plus de place à la suite de l'arrestation du chef de gang Gregory Woolley. C'est de cette façon que la poursuite a dressé le portrait d'Arsène Mompoint, hier, au premier jour du procès de ce dernier pour possession d'arme à Montréal.

Mompoint, 43 ans, a été arrêté le 19 mai 2016 dans le nord de la métropole par les enquêteurs de la division du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal, à la suite d'une enquête de quelques mois lancée à la suite de plusieurs informations de sources différentes. Lors de l'arrestation, les enquêteurs ont fouillé le véhicule dans lequel se trouvaient Mompoint et un autre individu, Jerry Jacques Raymond, et ont trouvé un pistolet de calibre 32.

L'enquêteur principal au dossier, Érick Lacoursière, a témoigné hier et expliqué que Mompoint est considéré comme le chef des Unit 44, un groupe d'allégeance rouge dont des membres sont actuellement accusés du meurtre de Gaétan Gosselin, un grand ami du caïd Raynald Desjardins, commis en janvier 2013 à Montréal. 

Le policier a raconté que Mompoint, qui avait été libéré au printemps 2014 après avoir purgé une peine dans une autre affaire, a commencé à faire l'objet «d'une attention spéciale» à l'automne 2015, à la suite d'une série de violences au sein des gangs de rue et du crime organisé.

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Marco Campellone

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L'enquêteur a dit qu'en septembre 2015, une source a affirmé à la police que Mompoint, alias BM, aurait reçu un contrat «pour tuer un Blanc de 25 ans qui habite dans le quartier Rivière-des-Prairies», et elle a même donné le numéro de téléphone de la personne visée.

Le 18 septembre, Marco Campellone, 24 ans, a été tué devant chez lui, sur le boulevard Maurice-Duplessis, près de la rue Alexis-Carel, et «des infos font état que Mompoint est impliqué dans ce dossier-là», a déclaré l'enquêteur Lacoursière.

Le policier a aussi expliqué avoir reçu 10 informations sur Arsène Mompoint et des complices, provenant de 10 sources différentes. Il a précisé que six de ces informations impliquent présumément Mompoint dans le trafic de cocaïne à grande échelle (au kilo), et l'une d'elles, dans le trafic d'héroïne pour le compte du chef de clan de la mafia Salvatore Scoppa. Selon le témoin, quatre des informations ont des liens avec Salvatore Scoppa, et Mompoint aurait même fait un voyage pour le compte de ce dernier entre le 20 novembre et le 4 décembre 2015.

«Une source nous dit que Mompoint fait des contrats et de la collecte pour le crime organisé, en particulier pour Salvatore Scoppa. Ce sont en gros des contrats de meurtres, tentatives de meurtres, enlèvements, incendies criminels, home invasion et vols qualifiés», a énuméré le témoin Lacoursière, citant l'informateur. 

«En décembre 2015, nous avons reçu une autre information voulant que depuis l'arrestation de Greg Woolley, Mompoint voulait prendre de la place», a-t-il ajouté. 

Gregory Woolley est un influent chef de gang lié aux motards et à la mafia arrêté dans l'opération Magot-Mastiff, qui a décapité le crime organisé montréalais en novembre 2015.

Le témoignage du policier se poursuit aujourd'hui. Il se déroule dans le cadre d'une requête par laquelle l'avocat de Mompoint, Me Claude Olivier, veut faire exclure de la preuve, car il allègue que l'interception, la fouille et l'arrestation de son client étaient abusives et illégales. 

La poursuite est assurée par Me Luc Pagé, alors que le procès est présidé par la juge Joëlle Roy, de la Cour du Québec.

*** 

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou le 514 206-4580 en utilisant exclusivement l'application Signal. Écrivez à drenaud@lapresse.ca ou à l'adresse postale de La Presse.




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