Procès Applebaum: «C'est la corruption qui a amené mon train de vie», dit le témoin

Michael Applebaum (à gauche) est jugé sous 14 accusations... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Michael Applebaum (à gauche) est jugé sous 14 accusations ayant trait à la corruption, abus de confiance, fraude contre le gouvernement et complot.

Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Questionné sur son train de vie qui dépassait ses revenus et sur sa consommation d'alcool et de drogue alors qu'il était l'attaché politique de Michael Applebaum, Hugo Tremblay a tenu à faire une précision. « C'est la corruption qui a amené mon train de vie, ce n'est pas mon train de vie qui a amené la corruption », a-t-il lancé ce matin, alors qu'il témoigne pour une quatrième journée au procès pour corruption de M. Applebaum.

Par ses questions, l'avocat de la défense Pierre Teasdale insinue que M. Tremblay a pu agir de son propre chef quand, en 2007, il a demandé de l'argent à des entrepreneurs désireux de faire affaire dans l'arrondissement Côte-des-Neiges. Mais le témoin assure que non. Il soutient l'avoir fait parce que son patron, le maire d'arrondissement Michael Applebaum, le lui avait demandé, et qu'il craignait de perdre son travail s'il ne le faisait pas. 

« Mon patron me le demande, ça fait 15-20 ans qu'il est en politique, j'ai 28 ans, je n'ai jamais travaillé en politique, ça fait six ou sept mois que je suis là, je ne connais personne là-dedans. C'était un challenge qui m'était demandé. C'est une nouvelle relation, il a une ouverture à la corruption, j'embarque. Oui, j'ai accepté de faire un acte criminel pour Michael Applebaum », a dit le témoin.

M. Tremblay affirme que la première fois où il a été confronté à la corruption, c'est en 2007, quand M. Applebaum lui a dit d'aller voir les entrepreneurs qui voulaient construire une résidence étudiante dans le quartier. Selon son récit, il devait leur demander un « effort politique », ce qui signifiait un pot de vin. M. Applebaum lui aurait dit : « Va les voir, ils vont comprendre. C'est le genre de projet pour lequel ils pourraient payer 100 000 $ ». M. Tremblay soutient que M. Applebaum a finalement fixé le chiffre à 50 000 $. 

Une fois en présence de l'un des entrepreneurs, M. Tremblay se serait senti mal de demander 50 000 $ et il a plutôt demandé 30 à 35 000 $, en écrivant cette somme sur un bout de papier. Il croyait avoir plus de chances avec ce montant. Il a finalement obtenu 30 000 $ en trois versements, qu'il dit avoir partagés en donnant les deux tiers à M. Applebaum. C'est ce dernier qui décidait de sa cote, soutient M. Tremblay.

Me Teasdale voit un problème avec cette histoire, car, quand il a fait des déclarations à la police en 2013, M. Tremblay n'a pas parlé du fait que M. Applebaum avait recommandé de demander 50 000 $ aux entrepreneurs. Il en a parlé plus tard. M. Tremblay s'est défendu en disant que ce souvenir lui était revenu plus tard.

M. Applebaum est jugé sous 14 accusations ayant trait à la corruption, abus de confiance, fraude contre le gouvernement et complot. M. Tremblay, lui, n'a pas été accusé.

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