Procès de John Boulachanis: criminels et repentis se succèdent à la barre

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La théorie de la Couronne est que John Boulachanis était le maître d'oeuvre du meurtre de Robert Tanguay, en 1997.

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Depuis le début du procès de John Boulachanis, le jury a beaucoup appris sur les vols d'autos, les vols qualifiés, les introductions par effraction et les petites entourloupettes de la vie carcérale. C'est que plusieurs des témoins qui ont défilé à la barre jusqu'à présent, pour le compte de la Couronne, avaient chacun leur spécialité dans le milieu criminel.

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La théorie de la Couronne est que John Boulachanis était le maître d'oeuvre du meurtre de Robert Tanguay, en 1997.

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Amanda Jones, copine de John Boulachanis

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C'est, entre autres, ce qui ressort de ce procès pour meurtre qui se déroule depuis plus d'un mois au centre des services judiciaires Gouin. Boulachanis est jugé pour un meurtre commis en août 1997. La victime alors âgée de 32 ans, Robert Tanguay, a été abattue par balles et enterrée dans une sablière de Rigaud. Ses restes ont été découverts quatre ans plus tard.

La théorie de la Couronne est que Boulachanis était le maître d'oeuvre de ce meurtre, qu'il a commis avec deux complices. Les deux autres ont été condamnés pour ce crime, mais on ne peut les identifier par ordre de la Cour. Les deux sont venus témoigner au procès et ont raconté que oui, Boulachanis était bien là, ce fameux soir où Tanguay a été abattu à la mitraillette, avant d'être enterré dans le trou qu'ils lui avaient préalablement creusé. Un trou un peu trop petit, d'ailleurs, ce qui fait que le cadavre a dû être enseveli presque assis.

LES VOLS

Le jury a appris que les trois hommes et la victime « travaillaient » ensemble dans le vol de voitures. Il leur arrivait de fonctionner par « commande ». Besoin d'une voiture de telle couleur, de telle année ? Les compères s'amenaient. Le plus difficile, semble-t-il, était de trouver ladite voiture. Ah ! ce n'était pas toujours facile. Après, c'était la routine. Il était aisé de la faire démarrer en « faisant sauter la colonne » pour ensuite prendre le chemin. Un complice dans une voiture « légale » suivait. Ainsi, si un véhicule de police arrivait, le conducteur « legit » commençait à faire le fou au volant pour attirer l'attention sur lui et permettre à la voiture volée de fuir, a expliqué un témoin.

Après, le véhicule pouvait être laissé à un endroit discret pendant un temps, pour s'assurer qu'il n'était pas équipé d'un mécanisme de repérage. Une fois tout danger écarté, la voiture pouvait être démontée en pièces pour la revente. Un complice, spécialisé en vitrerie, changeait les numéros de série.

Robert Tanguay, lui, était soudeur. Il avait fait du travail sur une remorqueuse appartenant à Boulachanis et devait obtenir une voiture volée en compensation, selon des témoins. C'est d'ailleurs pour prendre possession de ce véhicule qu'il s'est rendu dans la sablière, le soir fatidique. « C'est-tu une pogne ? », s'est-il inquiété, alors qu'un des trois le conduisait dans cet endroit désert.

Il a certainement compris que c'en était une quand, une fois rendu, il a été atteint d'un premier coup de feu.

« Je vous stoolerai pas, je dirai rien », a-t-il crié, avant qu'un autre coup de feu éclate.

EN PRISON

Cela fait presque 20 ans que le meurtre de Tanguay a été commis. Un autre pan de l'histoire, plus récent celui-là, a été présenté au jury. Des témoins ont raconté comment, en novembre 2013, alors qu'il était en attente du présent procès, Boulachanis avait réussi à s'évader d'un fourgon cellulaire qui l'amenait au palais de justice de Valleyfield. Une évasion à la Houdini dont il n'avait pas tiré profit, puisqu' il avait tout de suite été arrêté.

Au cours des derniers jours, les six hommes et six femmes du jury ont entendu un détenu et un ex-détenu venus raconter qu'à l'automne 2014, Boulachanis avait payé pour intimider un homme, qui était en réalité un complice du meurtre. Il fallait le « péter pour qu'il ferme sa gueule » et paie ses dettes, a raconté l'ex-détenu. Ce dernier, âgé de 22 ans seulement, qui se spécialisait en introductions par effraction, dit mener maintenant une vie beaucoup plus rangée.

Le jury a aussi appris que la conjointe de Boulachanis, Amanda Jones, a rencontré cet ex-détenu à trois reprises en 2014, pour lui remettre des informations sur l'homme à intimider et de l'argent pour sa peine.

Le procès reprend aujourd'hui.

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