Applebaum aurait montré le financement illégal à son attaché politique

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L'ancien maire de Montréal, Michael Applebaum, est jugé sous 14 accusations de fraude, abus de confiance, complot et corruption.

Patrick Sanfaçon, La Presse

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Embauché comme attaché politique de Michael Applebaum, en 2006, Hugo Tremblay affirme avoir été initié aux rouages du financement illégal et du pot de vin par son «boss», qui était maire de l'arrondissement Côte-des-Neiges et Notre-Dame de Grâce.

«Lors d'une rencontre informelle, M. Applebaum m'a fait comprendre qu'il n'était pas un ange. J'ai compris qu'il avait une ouverture à solliciter de l'argent, qu'il venait de flairer une opportunité», a raconté M. Tremblay, lundi, alors qu'il témoignait au procès pour fraude et abus de confiance de Michael Applebaum. 

Cette «opportunité» avait trait à un pot de vin qu'il fallait demander à des entrepreneurs désireux de démolir un immeuble délabré dans Côte-des-Neiges, pour construire une résidence pour étudiants. Les promoteurs avaient besoin d'appuis pour le projet, car il y avait un peu de pression de groupes communautaires qui luttent contre l'embourgeoisement du quartier. M. Applebaum a proposé de demander un effort politique aux promoteurs.

«M. Applebaum m'a dit: "appelle-les, va les rencontrer, ils vont comprendre. Ils font de l'argent avec ces projets. On pourrait demander plus de 100 000 $"», a relaté M. Tremblay. Selon son récit, il a finalement été convenu de demander 50 000 $.

M. Tremblay dit avoir été ébranlé par cette rencontre. Il y pensait le soir en se couchant et avait conscience qu'il allait franchir une ligne. «Je ne connaissais pas ce marché noir. Je savais que c'était des clients à Applebaum, et je savais que j'aurais une partie car je participais au crime. J'avais conscience d'avoir une part, qui était d'un tiers pour moi», a avoué M. Tremblay.

Pas un mot

M. Tremblay dit avoir reçu des consignes précises de M. Applebaum, sur la manière d'empocher l'argent. Il devait mettre le paquet dans sa voiture, sans toucher à l'argent pour un certain temps. Et il ne devait en parler à personne, pas même à sa copine. «J'ai accepté en dedans d'une à deux semaines», a dit M. Tremblay.

C'est ainsi que M. Tremblay dit s'être retrouvé dans un Second Cup avec l'entrepreneur Anthony Keeler. M. Tremblay a fait sa demande en inscrivant le montant sur un papier. Il a demandé 35 000 $. L'entrepreneur lui a répondu que c'était une grosse somme, et qu'il devait en parler à ses gens de New York.

L'affaire a marché finalement. M. Tremblay a obtenu 30 000 $ en trois versements entre décembre 2007 et février 2008. Chaque versement correspondait à une étape d'approbation du projet. M. Tremblay prenait sa cote de un tiers sur la somme, et remettait le deux tiers à M. Applebaum, a-t-il dit. L'échange avait lieu dans la voiture de M. Tremblay, ou celle de M. Applebaum. Ils évitaient de parler des montants, et fermaient leur téléphone portable.

Au début de son témoignage, M. Tremblay a aussi parlé du financement illégal qui avait cours. Les entrepreneurs ou citoyens qui n'avaient pas le droit de contribuer pouvaient le faire en donnant de l'argent comptant, ou avec l'aide de prête-noms. Son témoignage se poursuit cet après-midi, au palais de justice de Montréal. M. Applebaum est jugé sous 14 accusations de fraude, abus de confiance, complot et corruption. Les faits reprochés se seraient produits entre 2006 et 2011. M. Applebaum a été maire de Montréal par intérim de novembre 2012 à juin 2013. 

C'est la juge Louise Provost qui entend l'affaire. 

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