L'ancien ministre Richard Le Hir condamné à verser 30 000$

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Richard Le Hir était ministre délégué à la Restructuration dans le cabinet de Jacques Parizeau, en 1995.

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L'ex-ministre péquiste Richard Le Hir et le site web Vigile Québec ont été condamnés jeudi par la Cour supérieure à verser 30 000 $ en dommages moraux au promoteur immobilier Vincent Chiara pour l'avoir diffamé en novembre 2010 en l'associant faussement « à la mafia et au crime organisé ».

L'article « Les tentacules de la Mafia » de Richard Le Hir, publié sur le site web nationaliste Vigile.net, évoquait à plusieurs reprises les prétendus liens de l'homme d'affaires et avocat Vincent Chiara avec des proches de la famille mafieuse Rizzuto. L'ancien ministre délégué à la Restructuration dans le cabinet Parizeau en 1995 associait également Vincent Chiara à des « activités illégales » de financement municipal et à des « affaires de corruption ».

Les propos de Richard Le Hir liant Vincent Chiara à des « activités illégales de financement » ainsi qu'à la « mafia et au crime organisé sont diffamatoires », a tranché le juge Marc Paradis dans son jugement rendu jeudi. Selon le juge, « il y a une absence totale de preuve » permettant d'associer l'homme d'affaires au crime organisé ou à des affaires de corruption.

« Tous ces propos mettent en doute de façon importante l'intégrité et la probité de Me Chiara et sont de nature à déconsidérer sa réputation », a affirmé le juge Marc Paradis.

« Bouleversé » par l'article, Vincent Chiara réclamait 500 000 $ à Richard Le Hir, Bernard Frappier, Vigile Québec et La Société des amis de Vigile.net pour avoir nui à sa réputation dans trois articles publiés sur Vigile.net en 2010 et 2011. Les deux autres articles ont toutefois été écrits par Bernard Frappier, mort en 2012. Le liquidateur de la succession de ce dernier a été condamné solidairement.

UN ARTICLE « D'INTÉRÊT PUBLIC », A DIT LE HIR

Richard Le Hir a soutenu devant la cour que l'article était « d'intérêt public » et visait à « servir une cause juste et raisonnablement soutenable ». Il a aussi affirmé s'être basé sur des sources de différents médias, dont un article du journal Le Soleil de 2008 évoquant que Vincent Chiara avait été « quelques fois lié à la mafia ». Cette défense n'a pas convaincu le juge Paradis, qui reproche à M. Le Hir de n'avoir effectué « aucune démarche ni vérification pour s'assurer de la véracité des sources sur lesquelles il se fonde ».

« Vigile ne fera aucun commentaire avant d'avoir analysé le jugement et réuni son conseil d'administration vendredi prochain pour déterminer une ligne d'action », a réagi par courriel Richard Le Hir.

L'homme d'affaires Vincent Chiara détient des intérêts importants dans des immeubles prestigieux du centre-ville de Montréal et de Québec par l'entremise de son entreprise de développement et de gestion immobilière Groupe Mach. Il a « amassé une fortune colossale » au cours de sa carrière, lit-on dans le jugement.

« Notre client est très satisfait du jugement. Ça démontre qu'il n'a absolument aucun lien avec le crime organisé. Le juge a blanchi sa réputation sur toute la ligne », a commenté l'avocat de M. Chiara, Me Richard Vachon, associé au cabinet Woods.

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