Procès Boulachanis: enterré au clair de lune par ses trois collègues

John Boulachanis... (Photo archives La Presse)

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John Boulachanis

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Ils s'étaient procuré des poches de chaux et avaient creusé la tombe d'avance, dans le «pit à sable» de Rigaud. Ils y ont attiré leur collègue, Robert Tanguay, sous un faux prétexte, le soir du 9 août 1997.

«Max, je vous stoolerai pas! Je dirai rien», a crié M. Tanguay, après avoir reçu un premier projectile. 

Ce furent ses dernières paroles. 

«Robert Tanguay courait vers le bois en se tenant à la hauteur des reins. John Boulachanis, est sorti, et il y a eu deux autres détonations. Il (Boulachanis) avait la mitraillette dans les mains, c'était celle que j'avais vue au souper», a raconté Max, mardi matin, alors qu'il témoignait au procès de John Boulachanis.

Ce dernier est jugé par un jury sous une accusation de meurtre prémédité. Les ossements de M. Tanguay avaient été retrouvés dans le fameux «pit à sable», en septembre 2001, soit quatre ans après sa disparition. 

Max, lui, a déjà été condamné pour ce crime. Arrêté en novembre 2001, il a été condamné en 2003 pour l'homicide involontaire de M. Tanguay et a écopé douze ans de prison. L'homme de 58 ans témoigne aujourd'hui contre son ancien complice. Max (nom fictif, puisqu'une ordonnance de non-publication nous empêche de le nommer) soutient qu'il ne s'attendait pas à ce que M. Tanguay soit vraiment exécuté le soir du 9 août 1997. Il croyait qu'ils allaient seulement lui faire peur. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit.

Les trois hommes étaient actifs dans le vol de voitures, leur maquillage, et démontage... Ils avaient un autre complice, Jean, qui viendra témoigner lui aussi. Jean a aidé à creuser la tombe de M. Tanguay, et il était également présent lors de son assassinat, selon Max. 

C'est John Boulachanis qui avait décidé d'éliminer Tanguay, parce que ce dernier avait menacé d'aller trouver la police pour dévoiler leurs combines.

Max ne sait pas si c'était vraiment la raison. Boulachanis devait une voiture volée à Tanguay. C'est d'ailleurs dans l'espoir d'avoir enfin cette voiture, que Tanguay s'est rendu au pit à sable, ce fameux soir du 9 août 1997. C'est Max qui était venu le chercher en voiture, pour l'amener au «pit à sable.»

«J'étais nerveux, j'étais stressé. Je conduisais peut-être quelqu'un à la mort», a raconté Max.

Après la mort de M. Tanguay, Boulachanis, Jean et Max sont partis, et sont revenus plus tard, pour enterrer le cadavre.

«Boulachanis nous a fourni des gants. On était sur l'adrénaline. Il y avait un clair de lune. Ce n'est pas un film qu'on a vécu. Ça s'est vraiment passé», a relaté Max, avant d'expliquer que lui et Boulachanis avaient traîné le cadavre jusque dans la tombe qui lui était destinée.

«Le trou n'était pas assez grand. Il est tombé assis. On a mis des poches de chaux, on l'a enterré bien comme il faut», a expliqué le témoin. 

Les trois hommes sont ensuite retournés chez Jean, où ils ont mangé de la pizza que la conjointe de Jean avait fait venir. 

Ils en parlaient ouvertement devant elle (du meurtre.) Boulachanis nous a dit de ne pas en parler, parce que si on se faisait arrêter, on pourrait pogner 25 ans.»

Le procès se poursuit cet après-midi, avec la suite du témoignage de Max.

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