Fonds secret de la SQ: un bénéficiaire du fonds secret pour enquêter sur le fonds secret?

Jean Audette... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jean Audette

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Une firme juricomptable qui avait déjà bénéficié du fonds secret de la SQ s'apprêtait à faire le travail dans l'enquête portant sur la possible utilisation frauduleuse de ce fonds secret. Le nouveau directeur de la SQ, Mario Laprise, nommé en octobre 2012, y voyait un possible conflit d'intérêts. Il dit ignorer  si l'entreprise a fait le travail finalement.

C'est ce qui ressort du témoignage que M. Laprise a livré ce matin, au procès de Jean Audette. Ce dernier, qui était directeur général adjoint aux enquêtes criminelles, est jugé pour utilisation frauduleuse du fonds secret. On lui reproche en fait d'avoir signé les formulaires qui ont permis à un consultant, Denis Despelteau, de continuer à travailler pour la SQ, alors que, selon le nouveau règlement, il n'était plus autorisé à avoir des contrats du gouvernement, parce qu'il devait de l'argent au fisc. Despelteau a été rémunéré à même le fonds secret.  

En prenant les commandes de la SQ, en 2012, M. Laprise a été avisé de certaines dépenses inusitées. Il a voulu en savoir plus et, en décembre, une enquête a été ouverte par le ministère de la Sécurité publique.

M. Laprise a martelé le fonds secret était essentiel pour la SQ, et que son but en était un de protection, dans le cadre d'enquêtes sensibles. Le fonds pouvait servir à payer des informateurs, assurer la protection de certaines personnes, faire de la formation... M. Laprise a reconnu que des consultants ont été payés par le fonds secret.

M. Laprise a indiqué que la politique au sujet de ce fonds datait de 1992, et qu'elle avait besoin d'être revue et adaptée. Il dit avoir resserré les contrôles. Il fallait se poser des questions : est-ce que la dépense était justifiée, et est-ce que le fonds spécial était le bon mécanisme pour l'assumer. Il fallait sensibiliser les gestionnaires à cette approche, a fait valoir M. Laprise, pour que le travail se fasse en amont. Parce qu'une fois la dépense rendue sur son bureau, il était bien difficile de revenir en arrière. 

Me Pierre Dupras, que représente l'accusé Audette dans cette affaire, poursuit son contre-interrogatoire de M. Laprise, cet après-midi.

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