Fraudes aux études: «J'étais stupide», sanglote l'accusé

L'accusé a expliqué qu'il a fondé l'agence L-Montreal... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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L'accusé a expliqué qu'il a fondé l'agence L-Montreal en 2008, afin d'accueillir des jeunes Coréens qui voulaient étudier au Canada. Les diplômes nord-américains sont très bien vus en Corée.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Kim Kang reconnaît avoir menti aux parents de neuf enfants coréens qui lui ont été confiés pour venir faire de brillantes études à Montréal.

«Je pensais y arriver. J'essayais de bien faire à ma façon. J'étais stupide», a sangloté l'homme de 36 ans, vendredi, alors qu'il témoignait dans le cadre des représentations sur la peine à lui imposer.

M. Kang et sa mère, Cho Jeong Wan, 63 ans, ont été arrêtés en juillet dernier, et ont plaidé coupable en décembre à des accusations de fraude et séquestration. Kim Kang a expliqué qu'il a fondé l'agence L-Montreal en 2008, afin d'accueillir des jeunes Coréens qui voulaient étudier au Canada. Les diplômes nord-américains sont très bien vus en Corée. 

Le ministère public évalue que Kim Kang et sa mère ont obtenu plus de deux millions de la part des parents. Ceux-ci payaient en moyenne 70 000 $ par année pour que leurs enfants étudient à Montréal. En réalité, les jeunes, âgées de 11 à 20 ans, ont suivi très peu de cours. M. Kang dit que certains d'entre eux n'étaient pas prêts à aller à l'université ici. 

Les jeunes vivaient dans une maison à l'Île des Soeurs, qui coûtait 4000 $ par mois de loyer, charges non incluses. Il fallait aussi nourrir tous ces jeunes, payer les forfaits de téléphone portable, s'occuper de leurs loisirs. Il les amenait dans des restaurants, dans des musées, faire du sport à Mont-Tremblant et Saint-Sauveur, a-t-il expliqué. M. Kang dit qu'il avait des problèmes d'argent, et à un  moment il a été dépassé. D'autant plus que son père, qui vivait en Corée, est mort. Ce dernier, qui avait tenu une école de langues en Corée, lui envoyait des élèves.

New York

Entre l'automne 2014 et le printemps 2015, Kim Kang a vécu à New York avec huit des neuf enfants. En contre-interrogatoire, il a reconnu qu'à la même période, il avait demandé à un parent d'envoyer de l'argent pour que sa fille s'inscrive à l'université d'Hartford, alors que ce n'était pas la vraie raison. M. Kang s'en veut aussi de voir sa mère incarcérée. 

La fin de l'audience a donné lieu à une vive discussion, vendredi, entre le procureur de la Couronne Claude Girard, qui voulait continuer son contre-interrogatoire à une autre date, et le juge Serge Delisle, qui trouvait que la Couronne s'éternisait à faire presqu'une preuve de procès, alors qu'on en est au stade de la sentence. 

«Je déclare mon contre-interrogatoire interrompu», a lancé Me Claude Girard. 

«La Couronne doit subir les conséquences de ses longueurs. Montréal-Québec se fait en ligne droite, et vous avez pris des détours...on ne reporte pas ça à l'automne», a rétorqué le juge, en disant que les accusés avaient droit d'avoir leur sentence dans un délai raisonnable.

Le juge a fini par offrir trois dates en mai pour continuer, mais Me Girard a décliné, car il avait des empêchements. Finalement, Les avocats plaideront par écrit,  et le juge rendra sentence... à l'automne, le 19 octobre. La Couronne a annoncé qu'elle comptait demander entre cinq et dix ans de prison pour les accusés, qui ont plaidé coupable alors qu'ils subissaient leur enquête sous cautionnement.

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