Quelle sentence pour avoir tabassé un chauffeur d'autobus?

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Yves Fortin (photo), le père de Marc-Olivier Fortin, le chauffeur d'autobus agressé par deux jeunes hommes de 20 ans, au procès, en février dernier.

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La Couronne demande sept ans de prison pour deux jeunes hommes, Jeffrey Saint-Cloud et Daniel Quiroz Rivas, qui ont tabassé un chauffeur d'autobus, dans la nuit du 23 avril 2013, à Montréal.

La défense trouve que c'est beaucoup trop, d'autant plus que les séquelles sur le chauffeur ne sont pas claires. 

L'incident était survenu sur le boulevard Saint-Laurent, après une querelle verbale avec le chauffeur, Marc-Olivier Fortin. Les jeunes lui reprochaient de ne pas les avoir fait monter dans le bus, quelques arrêts auparavant. En sortant, un des jeunes a craché sur le chauffeur, celui-ci s'est levé de son siège pour les rattraper, et les trois jeunes (le troisième était d'âge mineur), sont revenus et l'ont frappé à la tête. Il aurait reçu entre 12 et 18 coups de poing à la tête. 

Trois ans plus tard, le chauffeur Fortin est toujours en arrêt de travail, et il ne semble pas prêt d'y retourner. «Il garde des séquelles permanentes, il ne peut plus chauffer d'autobus», a fait valoir la procureure de la Couronne Geneviève Langlois. Elle a parlé d'un acte délibéré et brutal envers un homme qui ne faisait que son travail.

Dossier médical

S'appuyant sur le volumineux dossier médical de la victime, l'avocat qui représente Saint-Cloud, Me André Lapointe, a pour sa part signalé que les séquelles étaient loin d'être claires, même pour les médecins. Les résultats de M. Fortin à certains tests soulèvent des doutes, car ils le situent à la limite de la déficience, parfois au début de la démence, alors qu'on ne trouve aucun signe de détresse psychologique chez lui. L'avocat a aussi signalé qu'il n'y avait pas non plus de preuve d'épilepsie, malgré des tests passés. 

«Il ne veut plus être chauffeur d'autobus», a signalé Me Lapointe, qui a indiqué que l'homme s'était acheté une maison de campagne qui demandait beaucoup de rénovations, et qu'il avait un grand terrain à entretenir. Dans un rapport, on indique qu'en matière de retour au travail, M. Fortin a demandé «du temps pour cheminer à son rythme.»

M. Fortin n'est pas venu à la Cour pendant les procédures, hormis pendant l'enquête préliminaire. «J'ai pu l'interroger une seule fois, et après cinq questions, il a fait des convulsions», a raconté l'avocat, avec scepticisme. Il n'est pas revenu au tribunal. 

De fait, c'est le père de M. Fortin qui assiste aux procédures et qui est venu parler des séquelles de son fils.

Sur des oeufs

Me Lapointe a convenu qu'en parlant de ce sujet, les séquelles sur la victime, il marchait «sur des oeufs.» Mais il a rappelé que les séquelles entraient en ligne de compte pour déterminer la sentence, et que c'était son devoir d'aborder ce sujet. 

Son client avait 20 ans lors des événements, qui sont, selon lui, le résultat de facteurs malheureux. M. Saint-Cloud était peut-être un peu flanc-mou, un peu immature, mais il regrette, il vient d'un bon milieu, et il a un bon potentiel de réhabilitation, a-t-il fait valoir.

Me Gary Martin, qui représente l'autre accusé, fera ses représentations vendredi. Âgés de 23 ans, les accusés ont plaidé coupable à une accusation de voie de fait grave dans cette affaire. M. Saint-Cloud a pu bénéficier de périodes de liberté depuis trois ans, mais est retourné en prison l'année dernière, à la suite d'un jugement de la Cour suprême. M. Rivas est détenu depuis trois ans. Le troisième a été jugé au Tribunal de la jeunesse.

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