Procès d'un ex-haut gradé de la SQ: le retraité devenu consultant recevait 200 000 $ par année

Denis Despelteau, en 2013.... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Denis Despelteau, en 2013.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

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Denis Despelteau, directeur général adjoint aux ressources humaines à la Sûreté du Québec, a pris sa retraite en 1998, en espérant devenir consultant pour son employeur et d'autres municipalités. Son souhait s'est réalisé. Pendant les douze années suivantes, il a travaillé comme consultant en relations de travail à la SQ. En 2010, il gagnait 200 000 $ par année.

Son taux horaire était de 100 $ l'heure. Il partait le compteur de ses heures à 7h30, au premier coup de fil du matin, a expliqué M. Despelteau, qui témoigne aujourd'hui au procès de Jean Audette. Ce dernier, ex-haut gradé de la SQ, est accusé de fraude et abus de confiance. On lui reproche d'avoir rémunéré M. Despelteau à même le fonds secret des enquêtes, en 2011-2012. M. Despelteau ne se qualifiait plus pour obtenir un contrat du gouvernement à ce moment, vu qu'il devait de l'argent au fisc, et que les règles avaient été changées. 

M. Despelteau est entré à la SQ en 1971, comme agent. Il a gravi les échelons au fil des ans, jusqu'à atteindre, en 1996, le poste de directeur général adjoint en administration et aux ressources humaines. Quand il a pris sa retraite, deux ans plus tard, et qu'il est devenu consultant pour la SQ, sa tâche était d'être porte-parole et membre du Comité paritaire conjoint. Il était négociateur. Son contrat était renouvelé d'année en année, sans grande discussion apparemment. La facturation était assez simple. Il faisait 2000 heures par années, ce qui donnait 200 000 $, a-t-il résumé. 

La procureure de la Couronne Sonia Mastro Matteo, a fait défiler devant le témoin, les factures qu'il avait réclamées pour l'année 2010. L'homme apparaît comme un bourreau de travail. Ses semaines de travail comprenaient presque toujours cinq jours, à raison de huit, dix, douze, et même 14 heures par jours à l'occasion. «Je n'ai jamais chômé», a-t-il dit.

À la fin 2010, une adjointe administrative à la SQ l'a informé que les règles avaient changé et qu'il devait obtenir l'approbation du ministère du Revenu pour que son contrat soit renouvelé. 

«On devait beaucoup d'argent au Revenu», a relaté M. Despelteau, qui n'a pas réussi à obtenir l'assentiment du ministère. À la SQ, on a contourné le problème en ajoutant des extensions à son contrat de 2010. Le premier avenant prolongeait le contrat jusqu'au 31 mars 2011, pour une somme totale de 220 000 $. M. Despelteau a quand même présenté des factures plus imposantes. À titre d'exemple, du 22 novembre 2010 au 16 mars 2011, ce qui inclut la période des Fêtes, il a réclamé 66 jours de travail, pour une somme totale de 50 800 $.

Un autre avenant (245 000 $) a prolongé son contrat du 1er janvier 2011 au 30 juin de la même année. M. Despelteau a continué de présenter ses factures. À titre d'exemple, entre le 1er avril et le 18 mai 2011, il a réclamé 31 jours de travail, pour une somme totale de 25 100 $. 

Le procès se poursuit. 

Rappelons que M. Despelteau a été accusé dans le cadre de ce dossier. Il a plaidé coupable en décembre 2014 à des accusations d'abus de confiance et fabrication de faux. Il a écopé une peine de 15 mois à purger dans la collectivité.

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