Procès pour proxénétisme: «Il savait comment me parler», raconte une victime alléguée

Issue d'une famille éclatée, Cynthia a passé une partie de son enfance en... (PHOTO D'ARCHIVES)

Agrandir

PHOTO D'ARCHIVES

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Issue d'une famille éclatée, Cynthia a passé une partie de son enfance en famille d'accueil, et une partie de son adolescence en centres jeunesse, d'où elle a fugué à 15 ou 16 ans. À 17 ans, elle dansait nue. À 18, elle se prostituait et donnait «tout» son argent à son amoureux, Jean-Gerry Brun.

«Il me disait de travailler plus fort pour faire plus d'argent. Il disait qu'on allait acheter une maison et avancer dans l'avenir», a raconté la femme de 24 ans, alors qu'elle témoignait au procès de son ex-amoureux, Jean-Jerry Brun. L'homme de 37 ans est accusé de proxénétisme à l'endroit de Cynthia et d'une autre femme. Il est aussi accusé d'agressions sexuelles et traite de personne.

L'histoire de Cynthia rejoint en plusieurs points celle de l'autre victime alléguée, qui a témoigné au début du procès de Brun. Une histoire faite de belles paroles, de promesses, d'emprise, et de violence.

Connaissance

Brun travaillait à la sécurité d'un bar «after-hours», quand Cynthia l'a connu, en novembre 2009. À 17 ans, elle dansait déjà dans les clubs. Elle s'est mise à sortir avec lui, et ils ont aménagé ensemble. Il lui a demandé de faire les «bars à putes» pour faire plus d'argent. Elle a accepté. C'est ainsi qu'elle partait «à l'extérieur» de Montréal pour six jours d'affilée. Elle devait envoyer son argent à Brun. «Il savait comment me parler, comment me manipuler», a-t-elle fait valoir. 

Quand elle rentrait à la maison, Brun était gentil le premier jour. Mais le lendemain, il était «bête», si bien qu'elle repartait pour travailler. Lui, il allait au casino, où il pouvait perdre des milliers de dollars. Il pouvait s'y rendre à midi pour ressortir au milieu de la nuit, a-t-elle fait valoir. 

Brun prétendait ne pas avoir d'autre blonde, mais disait qu'une ex-amie lui donnait de l'argent. Cynthia ne savait pas trop ce que ça voulait dire, mais n'a pas posé de questions. Elle a su plus tard qu'il y avait d'autres femmes.

Violence

La jeune femme affirme que Brun la frappait à coups de claques et de coups de poing quand ils se querellaient, et qu'il lui a même mis un oreiller dans le visage. Il lui a donné des coups à la gorge, du revers de la main. «Il me frappait comme si j'étais un homme,» a-t-elle dit.

Amsterdam

La mère de Cynthia avait été expulsée du Canada, on ignore pourquoi. En février 2013, Cynthia est allée rejoindre sa mère à Amsterdam. Elle y est demeurée quelques mois, au cours desquels elle a dansé nue. Sa mère lui avait obtenu les papiers pour travailler, a-t-elle dit.

Cynthia est restée en contact avec Brun pendant ce temps. Elle lui a envoyé de l'argent, et lui aussi lui en a envoyé, en avril 2013: 800 $ pour qu'elle se «fasse injecter les fesses», a-t-elle dit.

Avant de revenir au Canada, Cynthia est allée en République dominicaine pendant trois semaines. Elle a rencontré un homme, de qui elle est devenue enceinte. Celui-ci est devenu son mari depuis. 

À son retour au Canada, en juillet 2013, Cynthia voulait s'éloigner de Brun, mais celui-ci se faisait insistant. Elle affirme qu'il a menacé de la tuer, et dit qu'il se tuerait ensuite. Elle savait qu'il avait une arme. Elle a appelé la police. 

Cynthia poursuit son témoignage cet après-midi, devant la juge Hélène Morin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer