Procès de Mike Ward : « Le Québec deviendra une terre sans comédie »

Devant le Tribunal, hier, Mike Ward a rappelé... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Devant le Tribunal, hier, Mike Ward a rappelé qu'il faisait de l'humour noir, mais qu'il était aussi engagé dans plusieurs causes sociales, notamment auprès de personnes handicapées.

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Si le Tribunal donne raison à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) dans le procès l'opposant à Mike Ward, « le Québec deviendra une terre sans comédie grinçante où il faudra dire des choses bonasses et gentilles », prévient Julius Grey.

L'avocat de la défense, qui représente l'humoriste devant le Tribunal des droits de la personne, où il est poursuivi pour diffamation, considère que son client « ne s'est jamais moqué du handicap » de Jérémy Gabriel dans ses sketches diffusés sur l'internet et mis sur scène lors de sa tournée « Mike Ward s'eXpose ». 

« Il y a une grande différence entre les remarques gratuites et les remarques qui font avancer des débats », a affirmé Me Grey, vendredi, lors de sa plaidoirie devant le juge Scott Hughes. « Le but artistique est indéniable. On a le droit de questionner les [vaches sacrées] de la société et c'est ce qu'il a fait », a-t-il poursuivi.

Dans ce procès, qui a débuté en septembre, la CDPDJ poursuit l'humoriste et affirme que les blagues qu'il a faites dans son spectacle au sujet de Jérémy Gabriel - atteint du syndrome de Treacher Collins - portent atteinte à son droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation, sans discrimination fondée sur le handicap, de façon contraire à la Charte des droits et libertés.

Selon la Commission, Mike Ward aurait outrepassé les limites de sa liberté d'expression en riant du handicap de Jérémy Gabriel, en affirmant qu'il avait déjà chanté pour un pédophile (le pape) ou en affirmant que son syndrome se résume au fait qu'il « est lette ». On lui réclame 80 000 $ en dommages punitifs et moraux.

Dans sa plaidoirie, l'avocate qui représente la CDPDJ, Me Marie Dominique, a pour sa part défendu que les blagues de l'humoriste étaient discriminatoires envers Jérémy Gabriel et ses parents. Selon elle, le fait d'avoir traité le jeune chanteur comme un adulte sans handicap, alors qu'il était un enfant au moment des faits, a causé un préjudice, d'autant plus que ses propos renforçaient des stéréotypes existants, étaient offensants et vexants, estime-t-elle. 

« [Je suis] certaine que les artistes du Québec seront capables de gagner très bien leur vie en respectant (...) la Charte des droits et libertés, qui est une valeur fondamentale de notre société », a plaidé Me Dominique. 

À sa sortie du Tribunal, Mike Ward s'est dit soulagé que le procès soit désormais terminé.

« Je suis content que ce soit terminé. C'est lourd pour moi, c'est lourd pour la famille Gabriel. J'espère qu'ils seront capables de tourner la page. (...) Ils méritent d'être heureux et j'espère qu'il aura une belle carrière », a dit l'humoriste en mêlée de presse. 

La famille de Jérémy Gabriel n'était pas présente aujourd'hui au Tribunal des droits de la personne, à Montréal. M. Gabriel, accompagné de sa mère et de son père, ont suivi les plaidoiries par vidéoconférence depuis Québec.

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