Idelson Guerrier: un deuxième psychiatre conclut à une schizophrénie paranoïde

Le psychiatre Gilles Chamberland a témoigné, hier, au... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le psychiatre Gilles Chamberland a témoigné, hier, au procès d'Idelson Guerrier, accusé d'avoir tué deux patients de l'hôpital Notre-Dame et d'avoir tenté d'en tuer deux autres.

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Les symptômes de schizophrénie manifestés par Idelson Guerrier ont perduré bien après qu'il a arrêté de consommer du cannabis. Ce qui amène un deuxième psychiatre à conclure qu'il souffrait de schizophrénie paranoïde au moment des crimes qu'on lui reproche, en juin 2012, et non d'une psychose induite par la drogue.

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Idelson Guerrier

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C'est ce qui se dégage du témoignage que le psychiatre Gilles Chamberland a livré, hier, au procès de M. Guerrier. L'homme de 35 ans est accusé d'avoir tué avec préméditation deux patients et tenté d'en tuer deux autres, alors que tous étaient hospitalisés au département de psychiatrie de l'hôpital Notre-Dame, entre le 16 et le 22 juin 2012. Les avocats de M. Guerrier présentent une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. 

Un premier psychiatre, le docteur Louis Morissette, a témoigné cette semaine, affirmant que l'accusé était activement psychotique lors des faits, et que cela était dû à un début de maladie schizophrénique. Le Dr Chamberland est du même avis. Les deux médecins ne sont pas étonnés que les psychiatres qui ont vu M. Guerrier avant eux n'aient pas décelé la schizophrénie.

« La schizophrénie est un diagnostic lourd, qui ne peut être fait avant six mois », a signalé le Dr Chamberland.

Idelson Guerrier est arrivé en ambulance le soir du 13 juin à l'hôpital Notre-Dame, en raison de son comportement qui inquiétait sa famille. Il se croyait suivi et victime d'un complot. Il avait changé depuis des mois, peut-être même un an. Le 22 juin, il a été arrêté à l'hôpital même, pour les meurtres et tentatives de meurtre. Il a été envoyé à l'Institut Philippe-Pinel, où il est resté quatre mois pour être évalué. À cet endroit, il était considéré comme dangereux. Il était sous contention constamment, les poignets menottés à une ceinture à la taille, ce qui arrive très rarement à Pinel, a précisé le Dr Chamberland.

Dossier de Pinel

En parcourant le dossier de M. Guerrier à Pinel, le Dr Chamberland y a vu décrits des symptômes d'un grand schizophrène. Au début, l'accusé se considérait comme « en vacances ». Plus tard, il a déchiqueté ses couvertures et son oreiller en les mâchant. Pendant plusieurs jours, il est resté couché dans son lit, sur le ventre, sans rien demander. 

À d'autres moments, il pouvait être arrogant, brusque et menaçant. Il s'est plaint qu'on le réveillait la nuit pour lui dire d'arrêter de crier. Il a menacé le psychiatre qui l'évaluait, le Dr Pierre Rochette, de le poursuivre pour harcèlement. Il était dans un état interprétatif et méfiant, pensait qu'on lui donnait moins à manger qu'aux autres. Il ne semblait pas stressé par ses problèmes légaux. Il ne socialisait pas, ne sortait de sa chambre que pour prendre sa douche et n'appelait plus sa conjointe.

Le Dr Rochette avait conclu que M. Guerrier avait souffert d'une psychose induite par sa dépendance au cannabis.

Le Dr Chamberland a soutenu quant à lui qu'un trouble psychotique induit par une substance « ne peut pas durer quatre mois ».

M. Guerrier a souvent nié entendre des voix et ne voulait pas passer pour fou. Ce qui n'étonne pas le psychiatre. « Des contradictions, il y en a partout dans le dossier. Des fois il veut cacher sa maladie, des fois il est paranoïaque, des fois il peut carrément mentir », a-t-il dit.

Le Dr Chamberland doit poursuivre son témoignage aujourd'hui. Il est interrogé par Me François Bérichon, qui représente l'accusé. La Couronne, représentée par Me Geneviève Dagenais, est pour sa part d'avis que M. Guerrier savait ce qu'il faisait quand il a commis les crimes qui lui sont reprochés.

Extraits du témoignage du Dr Chamberland

« On pourrait penser qu'il simule [à Pinel], mais si c'était le cas, il en mettrait plus. On a le contraire de quelqu'un qui simule. »

« Pour une personnalité antisociale, il faut démontrer que l'individu est comme ça depuis l'âge de 15 ans, qu'il y a répétition des comportements. À 18 ans, Guerrier était straight, il travaillait, selon sa conjointe. Elle décrit des changements drastiques... »

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