Sudation mortelle: les trois personnes condamnées vont en prison

Chantal Lavigne... (Photo archives La Tribune)

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Chantal Lavigne

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La Presse Canadienne

Les trois personnes condamnées pour la mort de Chantal Lavigne, survenue lors d'un rituel de sudation à Durham-Sud en 2011, prennent le chemin de la prison.

L'organisatrice du séminaire de croissance personnelle Gabrielle Fréchette a écopé vendredi de trois ans de prison, alors que Ginette Duclos et Gérald Fontaine ont reçu tous deux une peine de deux ans de prison.

La juge Hélène Fabi de la Cour du Québec à Drummondville, qui avait aussi présidé le procès, a rendu le prononcé de la peine vendredi midi, imposant aussi au trio une interdiction de possession d'arme pour 10 ans.

Les trois personnes avaient été reconnues coupables de négligence criminelle ayant causé la mort en décembre 2014.

La victime, Chantal Lavigne, une femme de 35 ans de Saint-Albert-de-Warwick, participait à un séminaire de 14 jours en juillet 2011, intitulé «Mourir en conscience». Elle est morte à la suite d'une séance de sudation qui avait été organisée par les coaccusés.

Gabrielle Fréchette, qui voyait à l'organisation de cette «activité de croissance et d'épanouissement personnel» et qui agissait à titre de guide spirituel, a ainsi écopé d'une peine plus sévère que Ginette Duclos et Gérald Fontaine dont le rôle était de l'assister, chacun ayant des fonctions bien définies.

Gabrielle Fréchette se faisait appeler «Séréna» aux fins du séminaire. Elle se disait médium et prétendait avoir la faculté d'accueillir en elle une entité d'énergie qu'elle appelait «Melkisédeck». À ces occasions, elle utilisait une intonation différente, peut-on lire dans le jugement de décembre 2014.

La séance de sudation impliquait que les participants soient enduits de boue, enveloppés dans un drap et d'une pellicule plastique et sous trois couvertures, la tête recouverte d'une boîte de carton. Ils étaient demeurés ainsi durant neuf heures, sans eau.

Mme Lavigne est décédée, mais plusieurs autres participants avaient été malades, dans des conditions décrites par un coroner comme l'équivalent d'une «cuisson».

Avant cette activité, aucune question n'a été posée aux participants sur leur état de santé, ni recommandation faite.

Chantal Lavigne a dû être emmenée d'urgence à l'hôpital dans un état de déshydratation très sévère. Ses organes vitaux, privés d'oxygène, ont cessé de fonctionner les uns après les autres, menant à son décès.

Dans sa décision, la juge Fabi a rejeté les explications des accusés, et a n'a pas cru le témoignage de Gabrielle Fréchette. L'expérience de sudation a été décrite comme étant très dangereuse.

«Ces gestes planifiés et orchestrés par les coaccusés, dans le contexte précédemment décrit, sont entièrement et à tous égards hors-norme. Ils constituent manifestement une violation marquée des règles de conduite raisonnable», a-t-elle notamment écrit avant de les déclarer coupables.

«Le geste est encore plus périlleux, parce que posé l'été par une température très chaude et humide, alors que tous les participants sont emmaillotés dans plusieurs épaisseurs et au surplus, la tête enfermée dans un espace d'air très restreint», a-t-elle ajouté.

«La preuve démontre hors de tout doute raisonnable que les actes ont démontré une insouciance déréglée et téméraire à l'égard de la vie ou de la sécurité des victimes», a-t-elle tranché.

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