Sergio Piccirilli envoyé en prison

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Sergio Piccirilli (à gauche) avec une veste des Devils Ghosts

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Daniel Renaud
La Presse

Une photo de lui portant la veste des Devils Ghosts, club de motards supporteur des Hells Angels, n'a pas aidé la cause de Sergio Piccirilli, qui a été envoyé en prison, après avoir été reconnu coupable de gangstérisme, complot pour importation d'un précurseur servant à la production de speed, complot pour trafic de cocaïne et de haschisch et possession d'armes, cet après-midi au Palais de justice de Laval.

Piccirilli, 56 ans, est un personnage énigmatique de la scène criminelle au Québec.

Son audience s'est déroulée sous une haute surveillance policière rarement vue, l'homme ayant été avisé dernièrement que sa vie était menacée.

Au milieu des années 2000, Piccirilli s'était retrouvé au centre d'un conflit qui avait failli dégénérer en guerre ouverte entre les clans D'Amico et Rizzuto de la mafia.

Il avait ensuite été arrêté en juin 2006 au cours d'une enquête de l'Unité mixte de lutte au crime organisé (UMECO) autochtone de la GRC baptisée Cléopâtre, visant un réseau de trafiquants de drogues et d'armes basé notamment sur le territoire amérindien de Kanesatake. À l'époque, Piccirilli était le conjoint de l'une des principales suspectes dans cette affaire, Sharon Simon, surnommée la Reine de Kanesatake.

C'est pour les actes reprochés dans Cléopâtre qu'il a été jugé aujourd'hui. Lui et ses complices avaient bénéficié d'un arrêt des procédures lors d'un premier procès. La décision de première instance a été renversée en Cour d'appel qui a ensuite vu son jugement être entériné par la Cour Suprême, ce qui explique pourquoi Piccirilli a reçu son jugement dix ans après son arrestation.

Une photo de trop

En le déclarant coupable, la juge Marie-Suzanne Lauzon de la Cour du Québec a déclaré que Piccirilli était le chef d'une organisation criminelle. La police considère que le quinquagénaire, qui est un ami d'enfance de l'influent Hells Angels Salvatore Cazzetta, est plus près des motards que la mafia pour laquelle il aurait déjà travaillé. Après le verdict, la Poursuite fédérale, assurée par Me Marie-Ève Moore et Me Dominique Dudemaine, a demandé l'incarcération immédiate, avant les représentations sur sentence, mais l'avocat du détenu, Me Patrice Duliot s'y est opposé tandis que la juge Lauzon paraissait perplexe. C'est alors que la Poursuite a déposé des photos de Piccirilli portant une veste des Devils Ghosts, un club de motards «supporteur et subalterne» des Hells Angels, selon un témoin, le policier expert Alain Belleau de la Sûreté du Québec.

Ce dernier a expliqué que les photos ont été retrouvées dans un appareil découvert dans une voiture impliquée dans une collision en 2014. Deux individus liés aux Devils Ghosts se trouvaient dans le véhicule. Lorsque les policiers se sont présentés sur la scène, ils ont trouvé une arme et poussé plus loin leur enquête.

Selon le policier Belleau, les photos auraient été créées en avril 2014 et prises à l'occasion du premier anniversaire des Devils Ghosts chapitre de la rive nord fondé deux ans plus tôt. Sur la veste que Piccirilli porte sur la photo, son surnom «Grizzly» apparaît de même que le titre de président.

Ce lapin sorti du chapeau par la Poursuite a fait bondir Sergio Piccirilli qui a témoigné, menottes aux poings, du box des accusés. Il a dit avoir quitté les Devils Ghosts il y a longtemps, cru ne pas avoir de conditions à respecter au moment de la prise des photos et ne pas savoir si les autres individus qui apparaissent en sa compagnie ont des antécédents criminels. Piccirilli, qui est remorqueur, dit gagner sa vie honnêtement. Il a supplié la juge Lauzon de lui accorder encore quelques jours de liberté, le temps «de placer ses affaires et de s'occuper de sa famille». La magistrate décidera demain matin si Piccirilli restera détenu d'ici à ses représentations sur sentence la semaine prochaine. La Poursuite a annoncé qu'elle demandera une longue peine de pénitencier.

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse

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