Meurtres à l'hôpital Notre-Dame: 40 minutes pour mourir

« En passant devant sa chambre, j'ai vu que... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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« En passant devant sa chambre, j'ai vu que ce n'était pas sa position habituelle. Il semblait inanimé dans son lit », a raconté l'infirmière Margue Monfiston, alors qu'elle témoignait au procès d'Idelson Guerrier, hier.

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Le matin du 16 juin 2012, les signes vitaux de Gaétan Sénécal, patient en psychiatrie à l'hôpital Notre-Dame, étaient normaux. À 8 h, il est allé déjeuner dans la salle commune. À 9 h, il a été vu en train de boire de l'eau. Moins de 40 minutes plus tard, il a été trouvé mort dans son lit.

« En passant devant sa chambre, j'ai vu que ce n'était pas sa position habituelle. Il semblait inanimé dans son lit. Il avait les bras pendants de chaque côté, du sang à la commissure des lèvres, avec les extrémités bleutées. Il ne respirait plus et n'avait plus de pouls. J'ai fait le code bleu », a raconté l'infirmière Margue Monfiston, alors qu'elle témoignait au procès d'Idelson Guerrier, hier. L'homme de 30 ans est accusé d'avoir tué avec préméditation deux patients de l'hôpital Notre-Dame et d'avoir tenté d'en tuer deux autres, entre le 16 et le 22 juin 2012. Son procès devant jury a commencé jeudi dernier, à Montréal.

Mme Monfiston travaillait au huitième étage de l'hôpital, le 16 juin. Quand elle a vu le corps inanimé de M. Sénécal, elle était en route pour aller reconduire un autre patient - Idelson Guerrier - à sa chambre après un incident. Vers 9 h 30, celui-ci était entré dans la toilette de la section, alors qu'une patiente, Eytyxia Tsidanoulis, s'y trouvait déjà. Celle-ci s'était mise à crier, ce qui avait poussé l'infirmière Monfiston et un de ses collègues à se précipiter pour voir ce qui se passait.

« La patiente était debout devant le miroir. M. Guerrier était devant le bol. Il était nerveux. Il s'est excusé, mais n'avait pas d'explication pour sa présence là. Il tremblait. Je lui ai demandé s'il voulait un médicament pour se calmer, et il a dit oui », a expliqué Mme Monfiston.

L'infirmière a donné des calmants au patient Guerrier, puis a entrepris d'aller le conduire à sa chambre, située près de celle de M. Sénécal.

«Je vais m'en tirer sans aide»

Selon les témoignages entendus jusqu'ici, M. Guerrier a été amené en ambulance à l'hôpital Notre-Dame le soir du 13 juin 2012 pour ce qui semblait être une psychose. Il disait être épié, suivi dans la rue, et il pensait que sa femme faisait partie du complot. Le résidant de Joliette disait avoir une conjointe et trois enfants. Il ne voulait pas être hospitalisé, mais il l'a été quand même, car le médecin des urgences estimait qu'il pouvait représenter un danger pour lui-même ou pour autrui.

Le lendemain, le 14 juin, M. Guerrier a été transféré au huitième étage de l'hôpital, aux soins intensifs de la section psychiatrique. Il a pris sa médication - le Zyprexia, un antipsychotique. Le lendemain soir, le 15 juin, il a refusé de la prendre, en disant « qu'il pouvait s'en sortir sans aucune aide », a témoigné l'infirmière Milcède Dorvil.

« Un patient a le droit de refuser de prendre ses médicaments, même s'il est sous garde préventive », a expliqué la femme. Comme il n'était pas agité, il n'y avait pas lieu de le mettre sous contention pour lui injecter de force un médicament.

Le procès devant jury de M. Guerrier a commencé jeudi dernier et se poursuit aujourd'hui. Il doit durer de 10 à 12 semaines.

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