Baisers non consentis: absolution pour l'ex-directeur de Air Algérie à Montréal

Abdelaziz Laouar, représentant général d'Air Algérie au Canada,... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Abdelaziz Laouar, représentant général d'Air Algérie au Canada, au palais de justice de Montréal le 26 mai dernier.

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Déclaré coupable d'agressions sexuelles, Abdelaziz Laouar, 61 ans, a obtenu une absolution inconditionnelle, vendredi.

Le crime de celui qui était directeur général d'Air Algérie à Montréal, est d'avoir embrassé à deux reprises une employée, aujourd'hui âgée de 39 ans, dont il était follement tombé amoureux. Les deux incidents sont survenus à 16 mois d'intervalle, soit en mars 2009 et juillet 2010. La femme a porté plainte en octobre 2010.

M. Laouar a été congédié par Air Algérie en janvier dernier, quand il a été déclaré coupable par le juge Louis Legault. Restait à prononcer la peine. Comme le juge Legault a pris sa retraite depuis, les représentations ont été faites devant la juge Dominique B. Joly. La Couronne demandait une peine avec sursis, tandis que la défense proposait une absolution inconditionnelle. La juge Joly a opté pour cette seconde option.

Motifs

La juge Joly a tenu compte de plusieurs facteurs pour calibrer la peine. M. Laouar, marié et père de trois filles, cumulait 25 ans de service pour Air Algérie au moment de son congédiement. Il n'avait fait l'objet d'aucune plainte au travail, et n'avait jamais eu de problème avec la justice. Il est arrivé au Canada en 2008 pour représenter Air Algérie. La relation qu'il entretenait avec la femme en question allait plus loin que celle d'employeur à employée. Ils étaient devenus de grands amis, et la relation se développait de manière «ambiguë», a noté la juge. Il n'y a pas eu de harcèlement sexuel, ni de répétition des gestes. Ceux-ci ont été ponctuels. 

En mars 2009, après un souper au restaurant, M. Laouar avait embrassé la femme dans la voiture, en maîtrisant la main qui allait le repousser. Ce n'était pas désiré de la part de la femme, et M. Laouar s'est confondu en excuses par la suite. 

Mais le 6 juillet 2010, au bureau, il l'a plaquée contre un mur et l'a embrassée à nouveau, en lui effleurant la poitrine. Elle l'a repoussé à plusieurs reprises avant qu'il ne tombe au sol. Par la suite, elle a pris des vacances. À son retour, en raison d'une réorganisation du travail, elle a été affectée à d'autres tâches avec moins de responsabilités. Elle a finalement été congédiée. Elle a pensé qu'il s'agissait d'une vengeance de M. Laouar.

Problèmes 

Il est toutefois ressorti au procès qu'elle avait des relations tendues avec d'autres employés, et qu'elle se disait victime de harcèlement de la part d'un autre collègue. Dans la foulée, la femme serait devenue dépressive. Elle a réclamé des prestations à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, qui lui ont été refusées. Elle a toutefois bénéficié de prestations d'invalidité pendant deux ans, de la part d'Air Algérie. Et en 2012, elle a obtenu gain de cause auprès de la Commission des lésions professionnelles. Aujourd'hui, plus de cinq ans après les faits, la femme travaille à temps partiel et se sent incapable de faire plus. Elle dit vivre dans «l'angoisse continue, faire des cauchemars, ne plus avoir d'intérêt et avoir perdu la joie de vivre.»

Mais la juge conclut que la preuve n'a pas permis de départager les séquelles associées aux gestes de M. Laouar, et ceux des collègues. 

Quant à M. Louar, il fait appel de sa condamnation.

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