Procès de Guy Turcote: un deuxième psychiatre accuse la maladie mentale

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Le procès de Guy Turcotte se poursuit au Palais de justice de Saint-Jérôme.

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(SAINT-JÉRÔME) Les gestes que Guy Turcotte a eus à l'égard de ses enfants le soir du 20 février 2009 n'étaient pas planifiés et ne sont pas le résultat de l'ingestion de méthanol. C'est le « trouble d'adaptation et la crise suicidaire qui sont essentiellement la cause de la mort des enfants ».

C'est ce que le psychiatre Louis Morissette a fait valoir, mardi, alors qu'il témoignait au procès de Guy Turcotte. Le Dr Morissette est le second psychiatre retenu par la défense pour évaluer l'état mental de l'accusé, au moment des faits qui lui sont reprochés, soit les meurtres prémédités de ses deux enfants. Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, ont été poignardés à 46 reprises, le 20 février 2009, dans la maison que leur père louait à Piedmont. Le drame est survenu dans un contexte de séparation.

M. Turcotte admet avoir tué ses enfants, mais présente une défense de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux. Il revient à la défense de le démontrer, par prépondérance des probabilités.

Le Dr Morissette a rencontré M. Turcotte pendant une trentaine d'heures entre février 2009 et l'été dernier. Dans le rapport qu'il a rendu le 23 octobre Il arrive au même diagnostic que la Dre Dominique Bourget, qui a témoigné avant lui, soit le trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive. Ce trouble aurait été induit par des facteurs de stress. Dans le mois précédent les tragiques événements, M. Turcotte avait découvert que sa femme le trompait, et il avait déménagé... Le soir du 20 février 2009, alors qu'il avait les enfants pour la fin de semaine, il s'est mis à lire les courriels que son ex-conjointe échangeait avec son amoureux, Martin Huot. Ils avaient l'air de beaucoup s'aimer. M. Turcotte a été envahi par le désespoir et le suicide s'est imposé comme la seule solution à sa souffrance.

Le Dr Morissette concède que M. Turcotte a vécu de la colère et de la frustration dans les jours et les heures précédant les homicides. Mais selon lui, ces émotions ne duraient pas. Avant de tuer ses enfants, c'est « clairement » du désespoir et de la tristesse intense qu'il vivait. Et c'est le « raptus suicidaire » qui l'a amené à boire du méthanol pour se tuer. C'est quand il s'est vu mort, après avoir bu du méthanol, croit le psychiatre, que M. Turcotte a décidé d'amener ses enfants avec lui, pour leur épargner la découverte de son cadavre. Il ne s'agissait pas d'un geste réfléchi, organisé ou planifié. Son jugement et son raisonnement étaient altérés par la charge émotionnelle intense qui l'habitait.

Pas impulsif

M. Turcotte n'était pas un homme impulsif ou batailleur habituellement. C'était plutôt un homme qui était dans l'évitement. Dans un conflit, il ravalait, se retirait et boudait, a illustré le psychiatre, qui a aussi noté des traits de personnalité obsessifs-compulsifs, et narcissiques. Ce dernier cache une estime de soi fragile, évalue M. Morissette, qui poursuivra son témoignage mercredi.

Erreur

Mardi, au début de son témoignage, le Dr Morissette a tenu à préciser qu'il n'avait jamais été le psychiatre traitant de M. Turcotte, même s'il l'a vu plusieurs fois. Le Dr Morissette a même fait des vérifications auprès de l'entreprise qui s'occupe de sa facturation, lundi, pour être sûr qu'il n'avait jamais réclamé de paiements à la Régie de l'assurance-maladie. Il a eu la surprise d'apprendre qu'il avait obtenu 655 $ de la RAMQ, pour quatre rencontres en 2014. Il s'agit d'une erreur de facturation, soutient le psychiatre, qui assure qu'il va rembourser cette somme.

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